Suicide dEvaëlle en 2019 : la réouverture du procès de son enseignante suscite des






Procès en appel de la professeure accusée de harcèlement

La professeure de français, accusée de harcèlement sur mineur, avait été relaxée en première instance en avril dernier. Son procès en appel s’ouvre ce lundi devant la cour d’appel de Versailles.

L’affaire d’Evaëlle

L’enseignante d’Evaëlle, une collégienne de 11 ans qui s’était suicidée en juin 2019 dans le Val-d’Oise, sera jugée en appel à partir de lundi à Versailles pour harcèlement sur mineur.

À l’issue du procès de première instance en avril 2025, la professeure avait été relaxée par le tribunal de Pontoise, considérant que les éléments à charge étaient « discordants, indirects, peu circonstanciés » ou représentaient des « comportements adaptés et légitimes s’agissant de l’autorité dont doit faire preuve un enseignant en classe ».

Peu après, le parquet de Pontoise, qui avait requis 18 mois de prison avec sursis et une interdiction définitive d’enseigner, avait annoncé faire appel de la relaxe.

Le drame d’une adolescente

Le 21 juin 2019, le père d’Evaëlle retrouvait sa fille de 11 ans pendue à son lit dans leur pavillon à Herblay. Six mois plus tôt, l’adolescente avait tenté de mettre le feu à une poutre de la maison après une rupture amicale.

Depuis son entrée en sixième au collège Isabelle-Autissier de la ville, les problèmes s’étaient multipliés. Evaëlle, déjà victime de brimades en primaire, faisait face à des tensions avec son enseignante de français concernant un protocole médical relatif à ses problèmes de dos.

Initialement, la situation avait été réglée en interne et Evaëlle, décrite comme précoce et joyeuse mais ayant des difficultés dans les relations sociales, n’appréhendait plus d’assister à ses cours de français.

Un contexte inquiétant

Cependant, quelques mois plus tard, lors d’une session consacrée au harcèlement scolaire, l’enseignante avait placé Evaëlle devant la classe pour répondre à la question : « Pourquoi Evaëlle se sent-elle harcelée et exclue? ». Face aux pleurs de l’adolescente, l’enseignante s’était énervée et l’avait contrainte à répondre.

En rentrant du collège, Evaëlle avait déclaré à ses parents qu’il s’agissait de la « pire journée de (sa) vie ». Aujourd’hui retraitée, la professeure de 63 ans avait été interdite en 2021 de faire cours à des mineurs jusqu’à sa relaxe l’an dernier.

Témoignages et attentes

Le dossier administratif de l’enseignante mentionnait une « professeure expérimentée, sérieuse et dynamique », mais l’enquête a dressé un autre portrait. La majorité des élèves entendus ont confirmé qu’Evaëlle était la cible récurrente de cette enseignante, qui « criait souvent contre elle et l’isolait au fond de la classe ».

Des anciens collègues de l’enseignante, forte de trente années d’expérience, décrivent une professionnelle capable de se montrer « autoritaire et cassante », tout en étant parfois « bienveillante et aidante ».

Selon l’avocate des parents d’Evaëlle, ces derniers nourrissent de grandes attentes quant au nouveau procès à Versailles. « Ils ont l’impression de ne pas avoir été entendus ou compris en première instance », a expliqué Me Delphine Meillet. « Ils souhaitent que soit reconnu le harcèlement moral, le harcèlement scolaire de cette professeure, dans le chemin qui a mené leur fille au suicide ».

Réactions de l’enseignante

La prévenue a déclaré à l’AFP via son avocate être « pleinement concentrée sur l’audience à venir ». « Le drame vécu par les parents d’Evaëlle est insoutenable, tout le monde peut le comprendre, mais je n’ai aucune responsabilité dans son mal-être. J’espère que la cour confirmera le jugement de relaxe », a-t-elle poursuivi.

Depuis une loi de mars 2022, le harcèlement scolaire est reconnu comme un délit.



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