Lambiance est un peu morose : lédition 2026 du Salon de lagriculture peine à attirer les





Salon International de l’Agriculture 2026

L’édition 2026 du Salon international de l’agriculture, qui se tient au parc des expositions de la porte de Versailles à Paris, s’annonce d’ores et déjà décevante. L’absence de bovins, les vacances scolaires, la météo et les travaux impactent fortement l’affluence, observée en baisse de 25 % sur les quatre premiers jours de l’événement.

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Derrière son stand de charcuterie taurine, Julien Restibo, tablier rouge serré autour de la taille, garde le sourire malgré les circonstances. Venu de Camargue pour tenir son stand, planté dans le pavillon 4 du parc des expositions de la porte de Versailles, il constate une baisse de ses ventes d’environ 20 % par rapport à l’année 2025. « Il n’y a pas de bovins, certains espaces ont été fermés à cause des travaux… » liste-t-il entre autres pour expliquer cette baisse de fréquentation.

Entre les stands des producteurs et les enclos, quelques grappes de visiteurs circulent, ce vendredi 27 février en fin de matinée. Les visiteurs sont plutôt nombreux dans le pavillon principal, qui accueille entre autres les porcins et les ovins, mais se font plus rares au fur et à mesure que l’on traverse les halls d’exposition.

L’année 2025 avait vu les fréquentations augmenter légèrement de 0,64 %, portant le nombre de visiteurs à 607 503 par rapport aux 603 652 de l’édition précédente. Mais cette année, à quelques jours de la fermeture du salon, les chiffres sont décevants.

Sur les quatre premiers jours de l’événement, qui s’est ouvert samedi 21 février, la fréquentation a baissé d’environ 25 % par rapport à l’année 2025, a annoncé Jérôme Despey, le président du salon, lors d’une conférence de presse. Plusieurs raisons peuvent expliquer cette baisse, selon lui : les vacances scolaires qui, pour la première fois depuis huit ans, tombent au même moment que l’ouverture du salon, une météo « exceptionnelle », des travaux en cours au parc des expositions, mais surtout l’absence des bovins, écartés à cause de l’épidémie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC).

« On sait que le visiteur vient voir l’égérie et les vaches », a ajouté Jérôme Despey, avant de réitérer son soutien aux éleveurs bovins qui avaient choisi de ne pas amener leurs animaux. En plus de soixante ans d’existence, c’est la première fois que les bovins sont absents du salon de l’agriculture.

« On est là parce qu’on doit être là, mais l’ambiance est un peu morose », regrette Daniel Palop, derrière son stand de burgers du pavillon 1. L’éleveur bovin, installé à Veraza, dans les Pyrénées, a laissé ses 60 bêtes chez lui. « C’est une frustration qu’il n’y ait pas de vaches. Je suis un peu dégoûté. Ça se rajoute à une conjoncture déjà difficile. » À deux jours de la fermeture du salon, l’agriculteur fait état d’une baisse de 50 % de son chiffre d’affaires par rapport à l’année dernière. « Heureusement, on ne vit pas de ça. Mais c’est vraiment dur. »

Tout au fond du pavillon 7, les visiteurs se font encore plus rares. Maud Ouvrard tient un stand de biscuits personnalisables fabriqués à Nancy (Meurthe-et-Moselle). C’est la deuxième fois qu’elle participe à l’événement. « C’est un peu calme », concède-t-elle avec le sourire, « pour l’instant, on a environ moitié moins de clients que l’année dernière. » Cette baisse considérable est causée par la baisse de fréquentation, mais que l’artisane impute aussi à l’emplacement qui lui a été attribué cette année, plus en périphérie du parc des expositions.

Peu importent les pertes, Maud Ouvrard reste positive : « Ça reste une bonne visibilité. On est une petite structure. On en profite pour établir des connexions. Il y a une super énergie. »

Forcément, la chute de fréquentation du salon impacte également les commerces aux alentours, habitués à capter une partie des visiteurs, notamment pour le café et le petit-déjeuner, juste avant l’heure d’ouverture. Mais cette année, c’est le blues. Il est midi, et la terrasse du Café Victoria, en face du Dôme de Paris, reste désespérément vide.

Un restaurant à proximité du Salon de l’agriculture. • © R. Gentils / FTV

« Tout le monde est impacté », affirme Léa Carton, barmaid et serveuse au sein de l’établissement. « On le voit, même en termes de flux de gens dans la rue. » À quelques dizaines de mètres de là, au Pavé de Versailles, Olivier Bekrite tire les mêmes conclusions. « D’habitude, à cette période, on fait entre 40 et 50 couverts le midi. Pour l’instant, aujourd’hui, on en a fait deux. »

Il reste encore un week-end pour tenter de limiter les pertes. Interrogé au micro de Franceinfo, mercredi 25 février, Arnaud Lemoine, directeur du Centre national des expositions et concours agricoles (CENECA), appelle les Français à pousser les portes du salon : « venir c’est soutenir, agir et se faire plaisir. »

Salon de l’agriculture 2026

Du au .

Le Salon International de l’Agriculture se tient du 21 février au 1er mars 2026 à Paris Expo Porte de Versailles. L’événement met en lumière les acteurs et les enjeux du monde agricole français, des filières d’élevage aux productions végétales, en passant par les approches durables et biologiques. Comme chaque année, le salon offre un aperçu des différentes régions et de leurs terroirs, ainsi qu’un espace d’échanges entre professionnels, institutions et grand public.

Lieu de l’événement : Paris



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