Les routes de Gironde ont subi de nombreux dégâts lors des épisodes météo exceptionnels de février. Une estimation partielle des travaux s’élève déjà à 5 millions d’euros, sans compter la remise en état des ponts qui n’est pas encore chiffrée. Le président du Département demande à l’État un fonds d’urgence pour soutenir sa collectivité.
État des infrastructures routières
Arbres au sol en pagaille, inondations, éboulement et même affaissement de la chaussée, au pic de la crise, une centaine de routes départementales ont été coupées en raison des intempéries survenues en février dans le département de la Gironde. À ce jour, 13 d’entre elles restent hors service dont huit pistes cyclables et voies vertes. La facture de remise en état s’annonce colossale. Une première estimation partielle fait état de cinq millions d’euros.
Le président socialiste du Département, Jean-Luc Gleyzes, avait écrit au Premier ministre, le 18 février dernier, en plein épisode de crues, pour demander l’activation d’un fonds d’urgence pour les communes sinistrées et sa collectivité. À l’heure du bilan des dégâts, il « revient à la charge », car « le département ne pourra pas financer seul cet aléa climatique majeur ».
Dégâts et actions entreprises
Les dégradations sont conséquentes sur les routes girondines et les ouvrages d’art. Les investissements nécessaires pour leur remise en état seront énormes pour les communes et le Département. « Même si l’eau s’est retirée, tous les dégâts ne sont pas encore visibles. Certains apparaîtront au fil du temps, quand les sols vont sécher », confie un agent départemental.
Le bruit des tronçonneuses résonne encore sur de nombreux axes. Des agents départementaux s’activent pour couper et dégager cette petite route du sud Gironde, barrée par de nombreux troncs d’arbres tombés lors de la tempête Nils. « 200 personnes ont été mobilisées sur le terrain, 24 heures sur 24, durant les intempéries pour dégager les arbres et déblayer les routes, enlever les câbles électriques au sol et préparer des voies de substitution et des déviations », souligne Jean Galand, l’élu départemental en charge de la mobilité.
C’est l’une des tempêtes, des crues et des inondations les plus importantes que la Gironde ait connues.
Jean Galand, élu en charge des mobilités Département de la Gironde
Coûts des travaux et urgences financières
Selon une première estimation, le coût des travaux nécessaires à la remise en service des routes pour « assurer une circulation sécurisée pour les biens et les personnes » approche les 5 millions d’euros, « une somme colossale qui ne prend pas en compte les ouvrages d’art, c’est-à-dire les ponts, ceux notamment de Cadillac, Langoiran et Langon qui vont nécessiter des inspections ultérieures pour voir si la crue ne les a pas endommagés. Il faudra rajouter ce coût à celui des voiries », souligne Jean Galand.
C’est pour cela que le président du Département a demandé à l’État « un fonds d’urgence » non seulement pour les communes sinistrées, mais aussi pour le Département. « L’estimation de cinq millions d’euros est une estimation partielle à l’instant T car elle porte sur la moitié des routes endommagées par les intempéries, » souligne le président; il précise que « elle est très parcellaire et il faudra voir comment se comportent les ouvrages dans les prochains mois, notamment les ponts ».
Dans son courrier adressé au Premier ministre Sébastien Lecornu, Jean-Luc Gleyzes faisait déjà état « d’une dégradation conséquente de nos ouvrages d’art et de nos routes, malmenés par les forts courants et les embâcles qui percutent notamment nos ponts. Leur remise en état nécessitera des investissements importants qui ne pourront pas être retardés, au risque d’engager ma responsabilité en matière de sécurité des biens et des personnes ».
Nos infrastructures, nos 6 400 kilomètres de routes font aussi partie du patrimoine départemental. Ce patrimoine a subi des dégâts qui vont s’avérer très probablement importants au niveau financier.
Jean-Luc Gleyzes, président du Département de la Gironde
Défis assurantiels et soutiens nécessaires
Le président mentionne par ailleurs le problème des compagnies d’assurances qui refusent d’assurer certains territoires à risque. « Tous les éléments n’étant pas assurés, le département devra les financer sur ses fonds propres, donc il est impératif que le département soit aidé par un fonds d’urgence », insiste-t-il.
En 2022, le coût du Sdis (Service de secours et incendie), financé par le département, avait été de 10,5 millions d’euros et l’État avait financé le renouvellement du matériel des pompiers. « Là, c’est la même chose, c’est un aléa climatique et l’État doit nous aider à renouveler les routes endommagées pour la sécurité des biens et des personnes », appuie Jean-Luc Gleyzes.
Situation actuelle des routes
- La RD 255 à Braud-et-Saint-Louis où la circulation est alternée.
- Dans le Libournais, la RD 122 reste fermée ainsi que la RD 18E3 aux Billaux et la RD 128 à Arveyres.
- Dans le secteur du bassin d’Arcachon, la piste cyclable RD 804 E1 à La Teste-de-Buch est coupée.
- Dans le secteur des deux mers, les deux pistes cyclables 803 et 805 sont également fermées.
- En sud Gironde, la RD 226 est fermée au niveau de Castets et Castillon.
- À La Réole, la RD 1113 est rouverte mais avec des restrictions; le pont du Rouergue est toujours fermé à la circulation automobile.
- Secteur Médoc, la piste cyclable à Salaunes est fermée.