Hors podiums de la Fashion Week masculine automne-hiver 2026-2027, du 20 au 25 janvier, et de la semaine de la haute couture printemps-été 2026 qui lui succède jusqu’au 29 janvier, la création de mode fait l’objet d’enchères. Les ventes aux enchères consacrées aux créateurs de mode et à l’univers du luxe se multiplient aujourd’hui, l’investissement étant désormais comme dans l’art, aussi bien financier que personnel. Trois d’entre elles permettent de replonger dans la création de mode : masculine avec Yohan Serfaty, féminine avec Mathilde & Friends in Paris et de haute couture avec la collection Dior de Mouna Ayoub. Des rendez-vous à ne pas manquer.
Yohan Serfaty, les 23 et 24 janvier
Reconnu pour ses coupes sculpturales et son approche sensorielle des matières, Yohan Serfaty a marqué la mode. Dix ans après sa disparition, un fonds caritatif a été créé pour prolonger sa vision et, sur le compte Instagram de ce fonds de dotation, des exclusivités ont été mises aux enchères. L’année 2025 a été marquée par une vente exceptionnelle de pièces d’archives de ses propres collections et des premières qu’il imagina pour Y/Project, la marque qu’il avait co-créée avec Gilles Elalouf en 2010.
La boutique VSP (19 rue Debelleyme, Paris) accueille une nouvelle vente éphémère d’archives Yohan Serfaty et Y/Project, les 23 et 24 janvier. C’est dans ce lieu phare de la mode avant-gardiste que le créateur a fait ses débuts dans le travail du cuir, en tant que designer pendant plusieurs saisons.
Par ailleurs, à partir de novembre 2026 jusqu’à janvier 2027, des silhouettes Yohan Serfaty, acquises à la création du fonds de dotation, seront dévoilées au Musée des arts décoratifs (MAD), formant une exposition autour du travail du cuir, d’univers sombres, voire gothiques, avec des pièces de lauréats de l’Association nationale pour le développement des arts de la mode. Le MAD accueille dans ses collections des créations des lauréats de l’Andam pour les faire rentrer dans ses collections permanentes.
Mathilde & Friends in Paris, du 26 janvier au 4 février
Élevée dès l’enfance dans le goût du beau, auprès d’artistes et de personnalités telles que Madeleine Castaing, Mathilde Favier est devenue une figure de la scène mode. En charge des relations publiques de Dior, elle porte au quotidien un fragment du « mythe de la Parisienne », alliance de chic, d’esprit et d’élégance. La vente, intitulée Mathilde & Friends in Paris, est organisée en ligne par Christie’s Paris, du 26 janvier au 4 février.
Objets fétiches, tenues iconiques, grigris poétiques et trésors inattendus vont dévoiler son univers intime, tissé de rencontres, d’amitiés, de découvertes joyeuses et d’objets singuliers. Un univers qu’elle a exposé dans son livre Mathilde à Paris, paru l’année dernière (Flammarion), à cheval entre arts, mode, beauté, décoration et gastronomie. Son mantra : « Le chic parisien n’est jamais affaire de moyens mais d’allure. »
« Cette vente est pour moi l’occasion de partager toute l’énergie positive et bienveillante que la parution de mon livre a pu susciter. Quelle chance ! La maison Christie’s m’a immédiatement séduite, elle a tout de suite compris l’idée. Ce n’est pas une simple vente aux enchères, mais une vente de l’âme qui nous réunira pour commencer l’année 2026 avec une belle énergie dans la joie et le partage du beau ! », précise Mathilde Favier.
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Cette vente offre une sélection d’objets personnels, offerts ou créés par ses proches – Julie de Libran, Jacques Grange, Constance Rubini – ainsi que des pièces d’artistes qu’elle admire, tels Claude et François-Xavier Lalanne, Janine Janet, Mario Buccellati, Alice Gavalet ou Jean Dunand. Il y a, entre autres, des pièces de sa garde-robe : créations d’Yves Saint Laurent, un ensemble Chanel offert par Karl Lagerfeld et, naturellement, de Dior, accompagnées de bijoux signés Claude Lalanne, JAR ou Boucheron. Guidée par son admiration pour les grands noms de la mode, elle présente également des œuvres issues de la mythique collection de Pierre Bergé et Yves Saint Laurent provenant de Terry de Gunzburg.
La scénographie de l’exposition a été confiée à Tatiana de Nicolay, illustratrice et aquarelliste : « Sa gaieté, son énergie et sa capacité unique à rassembler ses amis autour de projets créatifs insufflent à Paris une vitalité rare et précieuse », ajoute Mathilde Favier.
La collection Dior haute couture de Mouna Ayoub, du 27 au 29 janvier
La maison de ventes Kerry Taylor Auctions, en collaboration avec Maurice Auction, présente 126 pièces de haute couture Christian Dior issues de la collection de Mouna Ayoub. Rassemblée sur plusieurs décennies, cette sélection constitue l’un des ensembles privés les plus remarquables jamais dédiés à la maison où se rencontrent l’évolution de la couture contemporaine et le parcours d’une collectionneuse dont l’influence et l’audace ont marqué le paysage de la mode.
Silhouettes emblématiques et créations majeures des différents couturiers : la collection couvre la période 1984-2022 et réunit des œuvres conçues sous Marc Bohan (1960-1989), Gianfranco Ferré (1989-1997) et John Galliano (1997-2011), auxquelles s’ajoutent des pièces plus récentes de Raf Simons (2012-2015) et Maria Grazia Chiuri (2016-2025). Collectionneuse depuis plus de quarante ans, Mouna Ayoub a rassemblé l’une des collections de haute couture les plus prestigieuses au monde, achetant les modèles les plus emblématiques de chaque collection, par maison et par créateur.
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Ces pièces, conservées dans un état quasi intact, témoignent du soin apporté par Mouna Ayoub à sa collection : certaines créations ont été commandées pour leur seule valeur esthétique, avec la même exigence qu’un collectionneur d’objets rares. Les œuvres de John Galliano y occupent une place déterminante : sa vision, sa liberté de construction et la force narrative de ses silhouettes ont marqué la collectionneuse, qui choisit alors d’acquérir plusieurs modèles iconiques des collections Maasai automne-hiver 1997, Mata Hari automne-hiver 1997-1998, Diorient Express automne-hiver 1998 et Clochards printemps-été 2005.
« Ils étaient tous très différents ; les vêtements de Bohan étaient
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