Ce sont ses derniers dessins : 200 iPods et 1 000 croquis inédits de Karl Lagerfeld aux






Vente aux enchères des œuvres de Karl Lagerfeld

Les esquisses personnelles signées par le couturier Karl Lagerfeld, réalisées entre le début des années 1970 et ses derniers jours, ainsi que ses playlists de musique, seront mises aux enchères sans droit de réserve par Sotheby’s Paris à partir du 2 juillet.

Une collection inédite d’œuvres personnelles

Quel journaliste de mode n’a pas conservé, voire encadré, une invitation à un défilé Chanel de l’époque Karl Lagerfeld ? Chaque jour, le couturier allemand dessinait, avec génie, une robe, un visage, un animal ou une scène de vie.

« La mode commence sur le papier, et elle demeure sur le papier », affirmait-il, préférant souvent le crayon à sa montre. Les traits qu’il esquissait représentaient son processus créatif, dont une partie n’avait encore jamais été dévoilée au public.

Enchères et exposition

Du 2 au 8 juillet prochain, Sotheby’s Paris dispersera en ligne plus de 1.000 dessins et documents de travail « jamais vus auparavant », dans le cadre de la sixième vente consacrée à sa succession. Une exposition se tiendra dans les salons parisiens de la maison de vente, rue du Faubourg Saint-Honoré (Paris 8e). Tous les lots seront proposés sans prix de réserve, créant ainsi un engouement certain.

À lire aussi : « Karl Lagerfeld aurait pu laisser une fortune de 200 millions d’euros, s’il n’avait pas été aussi généreux ! » : révélations sur la succession du couturier.

Caricature 'STILETTO grandit pour Laurence', signé Karl Lagerfeld
Caricature ‘STILETTO grandit pour Laurence’, signé Karl Lagerfeld. Eléa Lefèvre, Blok Design Group & Art Digital Studio, Sotheby’s

« Tous ces dessins sont des œuvres personnelles de Karl, qu’il a conservés jusqu’à sa mort, » explique Pierre Mothes, commissaire-priseur et vice-président de Sotheby’s France. « Il a fait de sa vie une œuvre de création. C’est un homme qui dessinait tout le temps, sur tout ce qui l’inspirait, à savoir l’architecture, le design, la décoration et évidemment la mode. Il disait d’ailleurs “I am a man of paper” (je suis un homme de papier). »

Karl, c’est l’homme Chanel pour certains, une icône mondialisée pour d’autres. Si l’on sait peu de choses de lui, il appartient à tout le monde.

Pierre Mothes, commissaire-priseur et vice-président de Sotheby’s France

L’ensemble constitue sans doute l’un des témoignages les plus intimes de sa vie. « Ils n’ont jamais été remis aux maisons pour lesquelles il travaillait. » Certains lots seront présentés individuellement, tandis que d’autres seront réunis comme un patchwork pour montrer comment le créateur développait ses idées, cherchait une silhouette ou affinait une inspiration.

L’engouement des collectionneurs

« Plus de sept ans après sa mort, l’intérêt des collectionneurs pour son univers ne se dément pas, » confirme Pierre Mothes. « Peu de créateurs ont autant produit, dessiné et archivé. Et nous avons tous un rapport à Karl. Karl, c’est l’homme Chanel pour certains, une icône mondialisée pour d’autres. Si l’on sait peu de choses de lui, il appartient à tout le monde. Le souvenir ne s’effacera jamais, c’est une rock star ! »

Du 2 au 8 juillet prochain, Sotheby’s Paris dispersera en ligne plus de 1 000 dessins du couturier allemand.
Du 2 au 8 juillet prochain, Sotheby’s Paris dispersera en ligne plus de 1 000 dessins du couturier allemand. Eléa Lefèvre, Blok Design Group & Art Digital Studio, Sotheby’s

Le marché a déjà démontré son appétit pour ses œuvres. En 2021, un dessin intitulé « Les Trois Muses » de 1986 avait atteint 201.600 euros lors de la première vente parisienne, alors qu’il était estimé entre 1.000 et 1.500 euros. De même, un ensemble de quatre carnets de croquis de mode datant des années 2000 s’était vendu à 315.000 euros, très au-dessus de son estimation initiale de 500 à 800 euros.

Les enchères débuteront symboliquement à un euro, mais Sotheby’s s’attend à voir certaines pièces se distinguer. En particulier, des dessins des années 1970, des illustrations politiques, un portrait de son amant tourmenté Jacques de Bascher sur un canapé, des coupures de presse annotées et, surtout, plus de 200 iPod contenant les playlists créées pour le couturier par son complice Michel Gaubert.

Du 2 au 8 juillet prochain, Sotheby’s Paris dispersera en ligne plus de 200 iPod du couturier allemand.
Du 2 au 8 juillet prochain, Sotheby’s Paris dispersera en ligne plus de 200 iPod du couturier allemand. Eléa Lefèvre, Blok Design Group & Art Digital Studio, Sotheby’s

« Nous avons déjà vendu 200 de ses iPod lors de la vente à Cologne en 2025. Ils fascinent ! » reprend le vice-président. « Si les modèles ont été déclassés par Apple, ils fonctionnent toujours, bien sûr. Karl achetait un iPod par genre musical, ce qui explique les centaines d’appareils. Techno, baroque, classique… Il ne voulait rien mélanger et archivait tout, c’est son côté germanique. »

Cette passion pour l’accumulation se retrouve également dans des lots inattendus, tels que des paires de mitaines utilisées ou des bancs de jardin suédois des années 1920, témoignant de sa fascination pour l’Art déco. « Il n’avait aucune prétention et pouvait s’intéresser à tout. Tous ces lots illustrent son esprit insatiablement curieux et son besoin, parfois obsessionnel, de collectionner le moindre objet qui l’inspirait, » conclut Pierre Mothes.

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