Les sociétés humaines confrontées à des vagues de chaleur extrêmes. El título no debe incluir






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L’actualité remise en perspective chaque samedi, grâce à l’historien Fabrice d’Almeida.

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L'Alhambra de Grenade (Espagne), modèle d'architecture adaptée aux grandes chaleurs
L’Alhambra de Grenade (Espagne), modèle d’architecture adaptée aux grandes chaleurs (ODD ANDERSEN / AFP)

Face au défi de la chaleur, les sociétés humaines n’ont cessé de chercher des solutions. Pendant des millénaires, l’homme a surtout dû s’adapter. On apprenait cela au lycée : face aux fortes chaleurs, les Grecs et les Romains cherchaient des moyens de faire circuler l’air et de le refroidir. Ils ont pensé à créer des murs épais en terre et pisé, isolant ; ils ont creusé des caves profondes pour stocker les aliments et notamment le vin. Ils ont pensé faire des voûtes élevées qui conservaient la fraîcheur ; ils ont imaginé des tours pour capter le vent, le faire passer sur des bassins d’eau enfouis pour le refroidir et le laisser ensuite passer dans les habitations.

Au Moyen-Âge, les royaumes arabes en Andalousie ont porté ces techniques au sommet, avec des palais qui encore de nos jours montrent leur efficacité et leur beauté. Ce sont des noms qui font rêver : l’Alcazar de Séville et l’Alhambra de Grenade avec ses dentelles de marbre pour que l’air circule… Des modèles d’adaptation écologiques dont les princes bénéficiaient.

Pour le peuple, la question centrale reste longtemps celle des vêtements : comment s’habiller pour ne pas trop souffrir de la chaleur ? Paradoxalement, la laine est un bon isolant et les costumes se font épais pour garder le corps à température égale. Nous avons perdu l’habitude de ces habits qui existent pourtant encore de nos jours dans les Balkans, comme vêtements de fêtes. On les garde sur soi longtemps pour ne pas troubler cette isolation.

Elle commence un peu par hasard. On climatise d’abord pour sauvegarder des objets. L’inventeur de la climatisation moderne, l’Américain Willis Carrier, travaille pour une imprimerie. Son but est de garder le papier à une température constante pour éviter que le stock change sous l’effet de la chaleur et de l’humidité. C’est son système, né en 1902, qui vingt ans plus tard est utilisé dans les cinémas et surtout les grands magasins puis les hôtels qui en font la promotion. Vivre toujours à la température idéale, maîtriser la météo… Une utopie est née.

L’Amérique devient le pays de la climatisation, parmi les plus équipés au monde. La France des années 1960 découvre le climatiseur. Son implantation se fait à pas lents. Une partie de notre pays est, en effet, hostile à cet appareillage. Et ce ne sont pas les hommes politiques qui en sont les seuls responsables. Les professionnels décident donc de lancer des campagnes d’information visant à montrer que la climatisation est moderne.

De nos jours, les termes du débat ont changé. Nous rêvons tous de climatisation pour notre confort. Même si ce n’est pas la meilleure adaptation pour notre civilisation au changement climatique.

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