Ils contrôleront toute la chaîne : la fin des supports physiques sur PlayStation suscite






La fin des disques physiques pour PlayStation

Le 1er juillet 2026, Sony a annoncé un tournant majeur dans l’industrie des jeux vidéo : la fin de la production de disques physiques pour les jeux PlayStation dès janvier 2028. Cette décision marque un pas important vers la dématérialisation, déjà en cours, dans un contexte où les ventes physiques ont chuté de manière significative ces dernières années.

Olivier Mauco, président de l’Observatoire européen des jeux vidéo, a exprimé ses préoccupations lors d’une interview avec Franceinfo. Selon lui, cette décision « pose d’énormes questions sur l’écosystème » des jeux vidéo.

Les enjeux de la dématérialisation

Mauco a souligné que l’objectif pour Sony en adoptant une stratégie 100 % dématérialisée est principalement de contrôler l’ensemble de la chaîne de distribution et de marketing. « Ils pourront à la fois contrôler ce qu’ils vendent, l’acheminer directement au consommateur par leur propre magasin virtuel (le PlayStation Store) tout en récoltant des données précieuses sur la consommation », explique-t-il. Cela signifie une intégration plus forte du marketing et de la communication.

Impact sur le marché des prix

Des joueurs ont noté que les prix des jeux physiques sont souvent inférieurs à ceux des versions dématérialisées. Mauco est pessimiste quant à une baisse des prix à l’avenir : « Au contraire, cela va se stabiliser et s’ancrer. Il n’y aura pas de possibilité d’obtenir autre chose que ce qu’a décidé Sony. C’est la fin d’une pluralité de vendeurs, d’un espace de compétition, pour un monopole ».

Les répercussions sur l’industrie

La transition vers la dématérialisation ne se fait pas sans inquiétudes. Mauco a mentionné que le secteur traverse une crise, et une des erreurs fondamentales a été de négliger l’importance des contacts humains et des rencontres entre joueurs. Selon lui, la popularité des événements comme la Paris Games Week a chuté, passant de 300 000 visiteurs avant la pandémie à seulement un tiers de ce chiffre aujourd’hui.

« Le jeu vidéo est en train de disparaître de l’espace public », a-t-il averti.

Olivier Mauco, président de l’Observatoire européen des jeux vidéo

La mort du marché de l’occasion

La transition vers un modèle de distribution entièrement numérique soulève également des questions sur le marché de l’occasion. « C’est la mort de l’occasion. La revente est impossible et surtout, vous n’avez plus la propriété de vos jeux vidéo », insiste Mauco. Il s’inquiète de ce que cela signifie pour les droits des consommateurs. « C’est un symbole fort qui indique que vous n’aurez qu’un droit d’usage », ajoute-t-il.

La décision de Sony a également soulevé des questions au niveau européen concernant la patrimonialisation des jeux vidéo. Que se passera-t-il lorsque les serveurs d’un jeu s’arrêteront ? Mauco est ferme sur ce point : « Vous n’avez pas la propriété du jeu, vous avez signé pour l’accès au jeu ».



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