Ensemble, tout devient possible : le nouveau mantra de la campagne de Nicolas Sarkozy. El título






Les Slogans Électoraux de Nicolas Sarkozy

Cet été, Fabrice d’Almeida sonde les slogans des élections présidentielles sous la Ve République. De quoi se rafraîchir la mémoire avant l’élection de 2027. Aujourd’hui, retour sur l’élection de 2007 et ce slogan de Nicolas Sarkozy : « Ensemble, tout devient possible ».

Publié le 19/08/2026 à 17:30. Temps de lecture : 2 min.

Nicolas Sarkozy, candidat à l'élection présidentielle, lors d'un meeting, à Saint-Quentin, le 25 janvier 2007.
Nicolas Sarkozy, candidat à l’élection présidentielle, lors d’un meeting, à Saint-Quentin, le 25 janvier 2007. (DOMINIQUE FAGET / AFP)

Le 22 avril 2007 se déroule le premier tour de l’élection présidentielle. Le phénomène de cette campagne a sans doute été Nicolas Sarkozy. Autour de lui, la droite s’est rassemblée et ses slogans sont entrés dans la tête de tous les électeurs. Son mot d’ordre semble un appel à la mobilisation. Il fait reculer l’extrême droite. Il le prononce lui-même dans son premier grand meeting, le 14 janvier 2007 : « Mes chers amis, tous ensemble, réunis, unis, solidaires, tout devient possible ». Ce slogan, « Ensemble, tout devient possible », va même être mis en musique, dans une chanson qui accompagne la campagne.

Ce slogan a été trouvé en plusieurs étapes. Il y a d’abord eu des slogans testés et rejetés, comme celui sur la rupture. Une thématique forte, mais qui mécontentait les chiraquiens. Si bien que le candidat a renoncé à son idée de la « rupture tranquille ». Le publicitaire Frank Tapiro a proposé une autre idée, « Imaginons la France d’après ». Une affiche a même été élaborée pour la faire valider par le candidat. Mais l’idée a quelque chose d’abstrait et elle est à nouveau rejetée. Sarkozy lui-même, dans son livre témoignage sorti à l’été 2006, avait utilisé une formule : « À tous je veux dire, par notre volonté collective, tout est possible. »

Cette phrase tourne dans l’équipe de campagne. Georges-Marc Benamou, l’ancien inventeur de la formule « Tonton ne nous quitte pas » destinée à François Mitterrand, fait alors partie de l’équipe de Nicolas Sarkozy. « On me propose, raconte-t-il, une affiche où l’on voit Nicolas Sarkozy, bien sûr, avec ce slogan écrit en énorme : ‘Avec Nicolas Sarkozy, tout est possible’. Ça semblait satisfaire la petite équipe. Mais, moi, j’étais assez stupéfait par cet unanimisme. Le côté homme providentiel, tout est possible… Le meilleur, mais aussi le pire ! J’ai osé proposer de décentrer, avec la formule : ‘Ensemble, tout devient possible’. Et voilà que le candidat président, à ma grande stupéfaction, a acheté l’affaire. Ce mot simple ‘ensemble’ était une promesse. »

Une boutique des produits dérivés de la campagne de Nicolas Sarkozy, au siège de campagne de l'UMP à Paris, le 17 janvier 2007.
Une boutique des produits dérivés de la campagne de Nicolas Sarkozy, au siège de campagne de l’UMP à Paris, le 17 janvier 2007. (DOMINIQUE FAGET / AFP)

La formule est donc adoptée. Jean-Michel Goudard, le grand publicitaire, prépare une affiche où l’on voit Nicolas Sarkozy sur fond de paysage. Mais un autre slogan va marquer l’opinion. Il est tout simple, il s’agit de « travailler plus pour gagner plus ». « Je pense qu’il y a un problème, justifie à ce moment-là Nicolas Sarkozy. Ce problème, il est le suivant : il faut garder les 35 heures comme durée hebdomadaire, mais il faut laisser dans le privé comme dans le public, ceux qui veulent travailler plus pour gagner plus, le faire. L’absurdité des 35 heures, c’est d’empêcher les gens de travailler. » Pour Nicolas Sarkozy, en effet, la question du travail est centrale. C’est même l’Alpha et l’oméga de son discours, au point que c’est repris dans un de ses clips de campagne.

Grâce à ces mots d’ordre et à l’élan de sa campagne, Nicolas Sarkozy est victorieux. Le soir du 19 mai 2007, il prononce quelques mots qui sont entrés dans l’histoire, pas tout à fait comme des slogans, mais comme une promesse : « Je ne vous trahirai pas, je ne vous mentirai pas, je ne vous décevrai pas. » Quelques années plus tard, certains électeurs auront le sentiment que Sarkozy n’est pas allé au bout de ses promesses.



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