Blandine L’Hirondel a remporté l’Ultra-Trail du Mont-Blanc, bouclant ces 174 km en moins de 22 heures. Chapeau à elle et à tous les autres. Aux pieds de ces sportifs, bien souvent, se trouvent des chaussures françaises. Comment les marques tricolores se sont-elles imposées sur ce marché en plein essor ?
Une course légendaire à Chamonix
Ils sont venus à Chamonix (Haute-Savoie) pour vivre une course de trail légendaire : l’UTMB (Ultra-Trail du Mont-Blanc). Au pied du Mont Blanc, des coureurs du monde entier s’élancent, chaussés de modèles de trail français.
Le marché du trail en plein boom
Les Français ont posé le pied sur le marché du trail, estimé à 8 milliards d’euros. Dans le top 5 des chaussures plébiscitées, trois marques tricolores se distinguent : Salomon, Hoka et Kiprun de Decathlon.
Il suffit de se rendre dans un magasin de sport pour le constater. 100 mètres carrés de rayons sont consacrés au trail, deux fois plus qu’il y a deux ans, avec des modèles français dont les prix sont similaires à ceux des géants Nike ou Adidas.
« En allant de 99 euros, et ça peut aller jusqu’à 169,99 euros. Ce type de modèle, une chaussure qui travaille de plus en plus sur le marché, c’est une semelle qu’on appelle mixte, » détaille Mickael Prieur, directeur d’exploitation chez Intersport.
Confort et polyvalence des modèles français
Les modèles français sont jugés polyvalents et surtout plus confortables, selon un client. « Ce sont vraiment des chaussons. Il y a le rebondi de la chaussure de running et puis la solidité de la chaussure de trail. On se sent super bien, » partage-t-il.
Une stratégie gagnante face aux géants
Comment ces petites marques se sont-elles imposées face aux géants historiques de la basket ? Près du lac d’Annecy (Haute-Savoie), Salomon s’est lancée plus tôt que les autres. En 1991, le fabricant de ski réalise que la neige pourrait venir à manquer à l’avenir. « À l’époque, Salomon ne faisait que du ski nordique, et nous sommes partis de cette base pour concevoir une chaussure de randonnée, » explique Christelle Robert, directrice de produits chez Salomon.
Ces chaussures deviennent rapidement une référence et les ventes s’envolent, passant de 2 millions de paires il y a 15 ans à 5 millions aujourd’hui, soutenues par le boom du trail après le Covid. Bien que la marque soit dix fois plus petite que Nike ou Adidas, elle en profite pour rester flexible et agile.
Innovation et production localisée
Dans son atelier de recherche, les essais de nouveaux modèles s’enchaînent à un rythme effréné : 24 heures suffisent. « La rapidité aujourd’hui, c’est la clé, » assure Jean-Yves Couput, directeur du planning stratégique chez Salomon.
La production des chaussures en série se fait ensuite en Asie. Toutefois, les marques françaises commencent à relocaliser en Europe. Dans une usine ultramoderne ouverte il y a quatre ans en Ardèche, 100 000 paires par an sont produites pour deux marques françaises, avec un projet d’augmentation des volumes de 30 %. Ces baskets de trail made in France sont vendues au prix de 120 euros. L’usine a également permis de recruter 70 salariés, dont d’anciens demandeurs d’emploi.
Le marché du trail devrait doubler au cours des dix prochaines années, et les marques françaises ont bien l’intention de rester au sommet.