Amr Abdelfattah, un ingénieur-chercheur franco-égyptien, a été arrêté en juin 2024 durant un pèlerinage à La Mecque après qu’un policier ait affirmé qu’il avait insulté le gouvernement saoudien, accusation qu’il nie formellement.
Publié le , cet article met en lumière les circonstances préoccupantes entourant sa détention. Le temps de lecture estimé pour cet article est de 3 minutes.
Amr Abdelfattah, emprisonné depuis 2024 et condamné à huit ans de prison, dénonce des actes de torture, selon un rapport de la Rédaction internationale de Radio France. L’ONG Amnesty International a récemment attiré l’attention sur son cas, déplorant que l’ingénieur ait été jugé par un tribunal connu pour ses violations des droits à une procédure régulière. Le Quai d’Orsay a indiqué suivre la situation d’Abdelfattah « avec la plus grande attention ».
Cet ingénieur-chercheur en télécommunications a été interpellé lors du pèlerinage en juin 2024. Sa femme, Hakima, a déclaré : « Le policier a déclaré que mon mari avait insulté le gouvernement saoudien, ce que mon mari nie complètement. La seule preuve que possède l’Arabie saoudite, c’est le témoignage du policier. »
Pendant un an, Abdelfattah n’a pas connu la véritable raison de son emprisonnement. Ce n’est qu’en mai 2025 qu’il a été présenté devant un tribunal spécialisé dans les affaires terroristes, où il a été condamné à huit ans de prison, sans pouvoir se défendre convenablement, selon sa femme. « Il n’y avait l’avocat que pour deux audiences », a-t-elle ajouté.
Hakima a également fait état d’audiences durant lesquelles le micro d’Amr était parfois coupé pour l’empêcher de parler. « Il n’a pas le droit de dire qu’il a besoin d’un avocat, sinon le micro est coupé et le juge ne l’entend pas », a-t-elle expliqué.
Le 20 août 2026, juste avant la visite du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane en France, Amnesty International a alerté sur la situation d’Abdelfattah. L’ONG souligne que le tribunal qui l’a jugé « est connu pour bafouer les droits à une procédure régulière et utilise fréquemment des dispositions vagues de la législation sur la cybercriminalité et la lutte contre le terrorisme, assimilant l’expression pacifique d’opinions à du ‘terrorisme' ».
Abdelfattah purge désormais sa peine dans une maison d’arrêt habituellement réservée aux prisonniers politiques, où il dit subir des tortures. « C’est un enfer total. Il a pu montrer des traces de torture sur son corps au consul général », a confié Hakima. Elle ajoute qu’il « n’a pas le droit de demander quoi que ce soit, et s’il demande de se promener, il se fait torturer ».
Hakima a également formulé deux demandes de grâce au prince héritier saoudien, sans succès. En contact avec les autorités françaises et le consulat, elle déplore le manque de progrès dans son dossier. « J’essaie de garder espoir, mais nous passons par des moments très difficiles. Les trois enfants ne savent pas que leur père se trouve dans cette situation. Cela devient vraiment très difficile », a-t-elle témoigné.
Interrogé par la Rédaction internationale de Radio France, le Quai d’Orsay a précisé avoir effectué neuf visites consulaires depuis juin 2024. « Les services centraux du ministère des Affaires étrangères sont en contact avec son épouse », a-t-il ajouté, en soulignant que « la sécurité de nos ressortissants est une priorité absolue pour la France. »