Le 3 septembre 2026, l’Agence de vérification de l’information Radio France a révélé qu’il est encore possible d’accéder à des médias russes tels que RT France et Sputnik, malgré leur interdiction de diffusion dans l’Union européenne depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022. Cette information suscite des questions importantes sur la régulation de l’accès à l’information en ligne, particulièrement en ce qui concerne les contenus russes.
Accessibilité des Médias Interdits
Une enquête récemment publiée par Reporters sans frontières (RSF) souligne que de nombreux agents d’intelligence artificielle (IA), comme ChatGPT d’OpenAI, ont encore accès aux contenus de ces médias russes. Cela soulève une préoccupation significative sur la capacité des robots d’IA à relayer des informations provenant de sources qui sont officiellement interdites. Les internautes, quant à eux, peuvent facilement accéder à RT France, rt.com et Sputnik, naviguant à travers des interfaces qui contiennent des articles d’actualités, des interviews de soldats de l’armée Wagner et même des discours de Vladimir Poutine.
Observations de Reporters sans Frontières
Vincent Berthier, responsable du bureau technologies et journalisme chez RSF, a déclaré : “Ces agents font ce qu’on leur demande. Si l’on demande d’accéder à des contenus qui sont finalement accessibles, ils vont y accéder et relayer l’actualité des médias d’État russes.” Cette observation met en évidence le rôle des technologies génératives comme catalyseurs des dysfonctionnements numériques, rendant les informations accessibles malgré les restrictions.
Demande d’une Régulation Renforcée
Dans ce contexte, RSF a appelé l’Union européenne à renforcer son contrôle sur les systèmes d’intelligence artificielle. La Commission européenne a reconnu sa responsabilité dans la régulation des intelligences artificielles à travers le règlement européen sur l’intelligence artificielle (AI Act), mais l’accès à ces médias russes via Internet reste une question de compétence pour les États membres. Thomas Regnier, porte-parole de la Commission européenne, a déclaré que l’accès à ces sites “devrait être impossible.”
Réactions de l’Arcom
Contactée, l’Arcom (Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique) a assuré qu’elle “veille au respect des sanctions européennes visant les chaînes russes.” De plus, elle a ajouté qu’elle prend des mesures contre la réapparition de sites republiant des contenus de chaînes sous sanctions. “Tous les sites portés à notre connaissance qui contreviennent effectivement aux sanctions feront l’objet d’une décision de blocage ou de déréférencement”, a promis l’organisation, soulignant son engagement à respecter les règles établies par l’Union européenne.