En 1986, l’Institut français de la mode a formé les premières générations de cadres qui ont contribué au boom de cette industrie. En quatre décennies, l’école du quai d’Austerlitz est devenue une référence mondiale en management, design et savoir-faire.
En quarante ans, l’IFM est passée d’une promotion de 22 jeunes cadres formés, pour la première fois, aux spécificités d’une maison de couture, à un campus de 1 400 étudiants (dont 55 % d’étrangers) de tous âges inscrits aux programmes de management, toujours, mais aussi de création et de savoir-faire, dans la « chenille verte » du quai d’Austerlitz. Entretien avec Sidney Toledano, président du conseil d’administration de l’IFM, et Xavier Romatet, son directeur général.
LE FIGARO. – Quand naît l’IFM en 1986, à quoi ressemble l’industrie de la mode ?
SIDNEY TOLEDANO. –
La plupart des maisons qui venaient de la haute couture étaient dirigées par le couturier et son partenaire, à l’image du couple Yves Saint Laurent-Pierre Bergé. Ils déléguaient alors le développement du prêt-à-porter, les parfums, les accessoires, à des licenciés. Ces derniers – parmi lesquels, en France, les grandes familles Mendès, Bidermann ou encore Cligman – représentaient le gros de l’activité textile hexagonale…