Une quarantaine de membres de la Coordination rurale du Gers ont pénétré dans la nuit de mardi à mercredi au cœur de Toulouse, bravant l’arrêté d’interdiction. Tracteurs, heurts avec les forces de l’ordre et interpellations ont marqué ce coup d’éclat avant la mobilisation prévue le 14 janvier 2026.
Les syndicats d’agriculteurs avaient annoncé vouloir bloquer Toulouse (Haute-Garonne) le mercredi 14 janvier. Une quarantaine d’entre eux, membres de la Coordination rurale (CR) du Gers, ont décidé d’anticiper le mouvement dans la nuit.
Selon l’AFP, une quinzaine de tracteurs sont entrés dans le centre-ville de Toulouse et ont stationné près de la préfecture. Malgré l’arrêté interdisant « la manifestation revendicative du mercredi 14 janvier 2026 à Toulouse et sa périphérie », pris mardi par le préfet de Haute-Garonne et de la région Occitanie, et le déploiement d’un important dispositif des forces de l’ordre, les manifestants ont réussi à s’approcher de la préfecture vers minuit.
« Malgré tous les efforts pour nous museler, pour nous interdire de manifester, pour nous intimider et nous faire rester chez nous, nos tracteurs sont enfin rentrés dans Toulouse », s’est félicité vers 23H00 Lionel Candelon, président de la CR du Gers et de la chambre d’agriculture locale, dans un SMS à l’AFP.
/regions/2026/01/14/2026-01-14-05-49-46-renaud-geoffroy-rouaix-rnw-g-prwy-rw-y-sur-x-direct-les-agriculteursenc-6967210f33597899512127.png)
Des tracteurs sont rentrés dans le centre-ville de Toulouse dans la nuit du mardi 13 janvier. • © Capture d’écran – compte X Renaud Geoffroy-Rouaix
« Quand nous, on décide de s’approcher pacifiquement, on a un accueil qui est bien différent d’autres personnes », a regretté sur place Vincent Arbusti, porte-parole de la CR du Gers, affirmant que « les premiers arrivés, le plus proche de la préfecture, se sont vus casser une vitre par les forces de l’ordre ».
La scène a été diffusée sur plusieurs réseaux sociaux comme sur le compte Facebook de Lionel Candelon, président de la CR 32. « En direct de Toulouse nous avons trois interpellations avec trois tracteurs dégradés par les forces de l’ordre, toutes les vitres explosées. »
« Voilà la réponse de l’État quand on sait que l’on nous a apporté aucune réponse, hormis la signature du Mercosur », a commenté M. Arbusti, qui affirme à l’AFP que quatre personnes ont au total été interpellées.
Selon une publication de Pierre-Guillaume Mercadal, éleveur du Tarn-et-Garonne et membre de la Coordination rurale, sur le réseau Instagram, « une cinquantaine » d’agriculteurs étaient devant le commissariat central de Toulouse vers 2 heures du matin pour une « action intersyndicale » afin de soutenir deux agriculteurs en garde à vue. D’autres actions d’agriculteurs devaient avoir lieu dans la matinée en région toulousaine.