Bébé empoisonné : 30 ans de réclusion criminelle pour Myriam, reconnue coupable davoir causé






Procès de Myriam : Verdict de 30 ans de réclusion criminelle

Ce vendredi 30 janvier, au dernier jour du procès en appel de Myriam, accusée de meurtre sur mineur, l’avocat général a requis à son encontre 30 ans de réclusion criminelle assortie d’une période de sûreté. Verdict : 30 ans de réclusion criminelle.

Myriam est reconnue coupable d’avoir volontairement donné la mort à Lisa. Elle est condamnée à 30 ans de réclusion criminelle et fait l’objet d’un suivi socio-judiciaire de 7 ans obligatoire. À l’annonce du verdict, les parents de Lisa ont fondu en larmes. Myriam dispose de dix jours pour se pourvoir en cassation.

Lors du premier procès d’assises à Lyon, l’avocat général, Baptiste Godreau, avait déjà réclamé 30 ans de réclusion criminelle contre Myriam J. La cour avait alors condamné la jeune femme, professionnelle de la petite enfance, à 25 ans de prison pour « actes de torture et de barbarie, ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». Myriam J., salariée d’une micro-crèche privée à Lyon, avait fait ingurgiter à un bébé de 11 mois un produit toxique de type déboucheur de canalisations. L’enfant a succombé à des nécroses et de graves brûlures internes. Le parquet général avait fait appel, et près de dix mois se sont écoulés. Pour ce nouveau procès à Bourg-en-Bresse, il a requis une « lourde peine » de 30 ans de réclusion criminelle, assortie d’une période de sûreté des deux tiers et d’une injonction de soins à l’encontre de Myriam J.

Des questions sans réponses

« La tâche qui vous a été confiée est immensément complexe, vous avez été désignés par un simple tirage au sort pour juger ce qui s’est déroulé dans une micro-crèche de Lyon. Vous avez écouté avec attention pour vous forger une intime conviction », a prévenu le magistrat en s’adressant aux jurés. Il a aussi insisté sur la sensibilité du dossier : « Vous avez vu à quel point ce dossier a marqué l’ensemble des enquêteurs, médecins, légistes, pédiatres ; certains se sont écroulés à la barre… Ces faits vous marqueront jusqu’à la fin de votre vie, c’est une certitude ! »

Pourquoi Lisa ? Pourquoi ce mode opératoire ? Pourquoi cette bouteille est-elle arrivée là ? Ces questions resteront sans réponses.

Baptiste Godreau

Avocat général

« Quelle qualification pénale ? Quelle peine infliger à Myriam J. ? Lisa, 11 mois, est décédée dans des conditions innommables », rappelle le magistrat dans ce long préambule. Il évoque un « huis clos » dans lequel « seule Myriam J. était présente », tout en affirmant que sa parole « ne vaut pas grand-chose », car elle n’a cessé de changer sa version pour tenter de perdre les enquêteurs, la cour, voire elle-même. Le magistrat l’assure : « Des questions resteront sans réponses. »

Qualification « erronée »

« Il est rare que le parquet exerce son droit d’appel dans un dossier d’assises, à plus forte raison quand la personne a été condamnée à une peine de 25 ans », a expliqué le magistrat. « La décision de faire appel a contraint les parents de Lisa à revivre les faits, j’en porte la responsabilité », estime l’avocat général, qui dit « partager la vision des trois parties civiles » qui ont plaidé en fin de matinée.

La décision de première instance rendue par six jurés, je la respecte mais ne la comprends pas ! J’estime que la qualification est erronée juridiquement et ne correspond en rien à la réalité de ce dossier.

Baptiste Godreau

Avocat général

Pour le magistrat, l’intention homicide « ne peut être balayée », tout en assurant aux jurés que ne pas retenir la qualification « d’actes de torture et de barbarie » « n’est pas nier la souffrance de Lisa ». Baptiste Godreau rappelle que les actes de torture et de barbarie sont définis comme des actes d’une gravité « exceptionnelle » qui occasionnent douleur et souffrance avec « la volonté de nier toute notion de dignité humaine à la victime ». Ces actes supposent une multiplicité de coups ou des actes commis « sur un temps long », ce qui « ne correspond pas au comportement de Myriam J. ce 22 juin 2022 », estime l’avocat général. Les faits se sont déroulés entre 07h59 et 08h07 ce 22 juin 2022. « Vous jugez moins de 10 minutes d’une vie ; on est loin d’un temps long, d’une pluralité d’actes comme pour tortures et barbarie », précise-t-il. Les jurés doivent également se rappeler que la préméditation n’est pas reprochée à l’accusée.

Myriam J. est coupable d’avoir volontairement donné la mort à Lisa. On va vous demander de rejuger, voire de déjuger une première cour d’assises. J’estime qu’elle s’est trompée !

Baptiste Godreau

Avocat général

Si l’accusée a reconnu d’emblée avoir fait ingérer un produit caustique à l’enfant qui a succombé à une mort violente, pour le ministère public, « le cœur du débat est ailleurs, il est dans l’intention ». « C’est un oui, sincère, franc et limpide, elle avait l’intention de tuer l’enfant », estime le magistrat.

« L’intention homicide ne peut être écartée », martèle l’avocat général dans son réquisitoire. « Comment écarter cette intention de tuer quand on met dans la cavité buccale d’un enfant un produit mortel ? Vous devez la condamner pour un meurtre (…) la bouteille devient l’arme, comme un couteau, comme un revolver », ajoute-t-il.

Réquisitions

« Si cela a été si dur de retenir cette intention, c’est parce que c’est si grave que les faits relèvent de l’impossible, de l’invraisemblable. C’est arrivé, et vous devez juger en conséquence ce crime », insiste l’avocat général à l’attention des jurés. Pour Baptiste Godreau, Myriam J. a consciemment administré « un produit toxique et létal » à Lisa.

« Entre 08h07 et 08h10, elle a eu le temps de changer Lisa, de nettoyer ou maquiller la scène de crime, de faire disparaître la bouteille, de trouver la gouache. Elle n’a jamais donné d’informations utiles pour la prise en charge par les secours de l’enfant, » rappelle le magistrat, évoquant « un acte isolé » et pointant du doigt ses mensonges.

C’est une personnalité responsable de n’avoir rien fait pour sauver Lisa mais tout fait pour tenter de se sauver elle-même.

Baptiste Godreau

Avocat général

Pour meurtre sur mineur de 15 ans, elle encourt la réclusion criminelle à perpétuité, rappelle le ministère public, « car le législateur a considéré qu’aucune infraction n’est plus grave que d’attenter à la vie d’un enfant. »

L’avocat général requiert « une lourde peine » : « Myriam J. est pleinement responsable. Les experts n’ont pas écarté tout risque de récidive », FONTE

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