Imported Article – 2026-03-02 07:15:44






Affaire Elisa Pilarski : jugement de Christophe Ellul en mars 2026

Christophe Ellul, le compagnon d’Elisa Pilarski, mortellement mordue en 2019 par un chien dans une forêt de l’Aisne, sera jugé du 3 au 5 mars 2026 pour homicide involontaire. Il encourt jusqu’à dix ans d’emprisonnement et 150.000,00 € d’amende. Retour sur une affaire aux multiples rebondissements.

Près de cinq ans après la mort d’Elisa Pilarski, causée par une hémorragie due à plusieurs morsures, un juge d’instruction de Soissons a clos l’enquête le 16 août 2024, annonçant le renvoi de Christophe Ellul devant le tribunal correctionnel de Soissons. Le 4 mars 2021, après des mois d’incertitudes et une enquête à rebondissements, il avait été mis en examen pour avoir par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de prudence ou de sécurité (…) involontairement causé la mort de la jeune femme par agression d’un chien, selon les termes du parquet de Soissons.

Christophe Ellul sera jugé pour homicide involontaire au tribunal correctionnel de Soissons. Lors de ce procès de trois jours, il devra répondre du risque grave qu’il a fait encourir à sa compagne en lui confiant la garde d’un chien dangereux, alors qu’elle était enceinte et qu’elle n’en connaissait pas pleinement le comportement, avait souligné le parquet à l’époque.

Détails de l’incident tragique

Le 16 novembre 2019, le corps sans vie d’Elisa Pilarski, âgée de 29 ans et enceinte de 6 mois, a été retrouvé à Saint-Pierre-Aigle, en forêt de Retz, dans l’Aisne, la cuisse déchirée et couverte de morsures. Ce jour-là, elle était partie promener le chien de son compagnon et avait alors appelé Christophe Ellul pour lui dire qu’elle était attaquée par des chiens. Christophe Ellul a quitté son travail, s’est rendu sur les lieux et a découvert Elisa et son chien Curtis. Ma femme a été dévorée, a déclaré Christophe Ellul en larmes à un journaliste de France 3 Picardie, peu après le drame. Il a incriminé une meute de chien de chasse à courre qu’il dit avoir croisée lors d’un événement organisé par le Rallye La Passion le jour de l’incident.

Enquête et autopsie

L’autopsie a révélé que la mort d’Elisa était due à une hémorragie causée par des morsures d’au moins deux chiens, selon le parquet de Soissons. Une information judiciaire contre X a été ouverte, orientant les enquêteurs vers la piste des veneurs. Le maître d’équipage, Sébastien Van Den Berghe, a été placé sous le statut de témoin assisté pour accéder au dossier. Deux scénarios supplémentaires ont été explorés : une altercation avec un promeneur et son malinois ou une attaque de Curtis. Le chien de Christophe Ellul a été saisi et placé sous scellés avant d’être transféré à la fourrière de Beauvais.

En novembre 2020, un an après le drame, les expertises menées sur 62 chiens, y compris ceux ayant participé à la chasse à courre et les cinq chiens de Christophe Ellul, ont innocenté la meute. Les résultats des analyses ADN ont confirmé que seul Curtis pouvait être à l’origine des morsures ayant entraîné la mort d’Elisa. Deux experts vétérinaires ont conclu que la taille des blessures sur le corps d’Elisa était compatible avec celle de la mâchoire de Curtis.

Le comportement du chien et les accusations de Christophe Ellul

La nature, le comportement du canidé et son dressage ont également été analysés. L’enquête a révélé que Curtis est un American Pit-Bull, introduit illégalement par son maître et dressé au mordant, une pratique interdite en France. Christophe Ellul a rejeté ces conclusions, affirmant que les cinq chiens qu’il avait croisés dans la forêt avant de retrouver le corps d’Elisa avaient disparu. Il a par ailleurs insisté sur le fait que Curtis était arrivé en règle en France avec un passeport européen et tous ses vaccins.

Les suites judiciaires

Après avoir accumulé un an de preuves contre lui, la justice a mis Christophe Ellul en examen pour homicide involontaire par agression de chien, le 4 mars 2021. Il a été relâché sous contrôle judiciaire, avec l’interdiction de contacter la famille d’Elisa Pilarski, partie civile dans la procédure. Une confrontation entre Ellul et la famille a eu lieu au tribunal de Soissons quelques semaines plus tard.

Des échanges de SMS entre Elisa et Christophe, le jour du drame, ont montré qu’il était conscient du comportement dangereux de son chien. Des photos prises par Elisa, quelques minutes avant sa mort, ont révélé que Curtis était sans muselière, en contradiction avec les affirmations de son maître. Selon la famille, Christophe Ellul n’a pas tout dit : Il est toujours dans le déni et refuse d’accepter que son chien est à l’origine de la mort de ma nièce, a déploré Vincent Labastarde, l’oncle d’Elisa.

Le débat médiatique et les implications sociales

Depuis le drame en 2019, l’affaire a suscité de nombreuses réactions et a alimenté des théories du complot sur les réseaux sociaux. Ce phénomène a opposé les partisans de la chasse à courre aux groupes animalistes. Alors que l’enquête judiciaire se poursuivait, des milliers d’internautes se sont déchaînés en ligne, certains menant leurs propres enquêtes pour déterminer le coupable. Les résultats des tests ADN, le retard dans les enquêtes et les origines du chien Curtis ont renforcé les rumeurs.

La situation a également impliqué des personnalités publiques. En novembre 2020, alors que les résultats ADN désignaient Curtis comme l’auteur des morsures, Brigitte Bardot a contacté Éric Dupond-Moretti, le garde des Sceaux, indiquant qu’il n’existait pas suffisamment de preuves pour accuser Curtis, considéré comme le coupable idéal. Elle a également laissé entendre que la meute de chiens de chasse du Rallye la Passion pouvait être impliquée.

En 2023, la tension entre les groupes pro et anti-chasse à courre ne s’est pas apaisée. Sébastien Van Den Berghe, maître d’équipage du Rally La Passion, a porté plainte pour diffamation contre le collectif AVA après un post sur les réseaux sociaux évoquant des incidents passés.

Prochaines étapes judiciaires

Après cinq années d’enquête et de bataille médiatique, le procès de Christophe Ellul se tiendra les 3, 4 et 5 mars 2026 au tribunal de Soissons. La famille d’Elisa et l’association de protection des animaux « les amis de Sam » seront parties civiles au procès. Présumé innocent, Christophe Ellul comparaîtra libre à l’audience. Il risque dix ans d’emprisonnement et 150.000,00 € d’amende. Enfin, le chien Curtis, actuellement dans un refuge en Haute-Garonne, pourrait faire face à une euthanasie, selon le jugement.



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