Alors que le niveau de la Garonne à Marmande atteint des records, les évacuations des riverains sont en cours. Les services municipaux et les pompiers se relaient pour secourir en urgence les habitants, qui ne savent pas quand ils pourront retrouver leur logement.
Des évacuations d’urgence
« On vient de faire une balade assez sympa, en bateau et en tracteur, mes enfants ont kiffé ». Malgré le contexte, cette habitante tente de garder le sourire. « La ville a assuré, mes parents assurent aussi, donc ça va aller, même s’il me tarde d’aller à la douche », reconnaît-elle. Chez elle, tout le rez-de-chaussée est inondé. « Comme la maison est construite en zone inondable, tout le lieu de vie est à l’étage », précise-t-elle. « Mais comme l’eau commence à monter bien comme il faut, je préfère évacuer avant d’avoir une coupure d’électricité, ou qu’on doive sortir au milieu de la nuit. On a préféré anticiper », résume-t-elle, tout en empêchant ses deux enfants de jouer dans les flaques d’eau.
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À Marmande, le niveau de l’eau est déjà historique. Avec 10,33 mètres mesurés ce 14 février à 18h30, il dépasse celui de 2021, qui était de 10,22 mètres. Cette crue devient la plus importante depuis 1875, où un niveau record de 11,39 mètres avait été atteint.
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Une population en détresse
Comme elle, une trentaine de personnes habitant le Marmandais sont contraintes d’évacuer leurs maisons. Le quartier de Coussan est le plus touché par la crue de la Garonne. Gilet de sauvetage sur le dos, une autre habitante ne dissimule pas son inquiétude. « C’est compliqué, on a des petits, ma fille est malade, on n’était pas rassurés ».
Ces naufragés, évacués par bateau, ne prennent que le strict nécessaire. Un homme a pris la peine d’emporter avec lui ses lapins et son chat : « je n’allais pas les laisser tous jours sans manger, il fallait que je le sorte de là ».
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Appel à la responsabilité
« Les gens pensent toujours qu’ils peuvent rester chez eux, que l’eau ne va pas arriver à leur niveau. Mais aujourd’hui, on est sur une inondation importante, ils demandent à être évacués et on doit aller les chercher avec des bateaux », constate Jacques Bilirit, le maire de Fourques-sur-Garonne.
Ça fait 8 jours qu’on sait qu’il va y avoir la crue. On les a tous avertis, après c’est aussi de leur responsabilité. Nous aujourd’hui, on sort ceux qui sont en difficulté, ou qui paniquent.
Pour autant, une partie de la population se refuse à quitter son logement, espérant encore que la crue les épargne. « L’idée c’est de sortir toutes les personnes qui le veulent. On est à la situation étal, le niveau de l’eau ne devrait pas monter de plus de 10 cm encore. Certains habitants sont habitués, leurs logements sont surélevés. Ceux-là ne vont pas partir. Mais d’autres commencent à prendre peur, et on ne peut pas les laisser dans les logements », poursuit l’élu.
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Alors que l’eau est rentrée parfois jusqu’à un mètre de hauteur dans les logements, les sinistrés pensent déjà aux dommages. « On avait fait beaucoup de travaux, ça fait mal au cœur de voir tout ça », se désole un jeune Lot-et-Garonnais. « Mais on est impuissants face à ça, malheureusement, on n’a pas le choix ».
Les habitants évacués ne savent pas encore quand ils pourront retrouver leurs logements. La lente montée des eaux annonce une décrue toute aussi longue. À Marmande, la mairie a déjà prévu des distributions alimentaires pour les prochains jours.