Procès de Joël Guerriau pour avoir drogué Sandrine Josso : lancien sénateur écope de 4 ans de





Procès de Joël Guerriau

Le procès de l’ancien sénateur Joël Guerriau touche à sa fin dans l’affaire qui l’oppose à Sandrine Josso, députée de Loire-Atlantique. Ce mardi soir, Joël Guerriau a été condamné à 4 ans de prison, dont 30 mois avec sursis, alors que le parquet avait requis quatre ans de prison, dont trois ferme.

Contexte et charges retenues

Pour le délit de soumission chimique, Joël Guerriau encourait jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et 75.000 euros d’amende. Il a été reconnu coupable d’administration de substance nuisible, avec une condamnation à 4 ans d’emprisonnement, dont 30 mois assortis d’un sursis probatoire en raison de la particulière gravité des faits.

Les juges de la 10ème chambre correctionnelle de Paris ont délibéré pendant près de 5 heures. Ils ont écarté l’acte d’inadvertance avancé par Joël Guerriau et ont considéré qu’il y avait bien une intention de sa part d’aboutir à une agression sexuelle. Le tribunal a également établi l’infraction de détention de stupéfiants.

L’ancien sénateur fait l’objet d’un mandat de dépôt à effet différé et il est également inéligible pendant 5 ans. De plus, Joël Guerriau ne sera pas inscrit au FIJAIS (Fichier des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes).

Témoignages et plaidoiries

Après les témoignages des deux parties, le tribunal a entendu l’après-midi le réquisitoire du procureur ainsi que les plaidoiries de la partie civile et de la défense. En fin de journée, Joël Guerriau a eu l’occasion de s’exprimer.

« Je suis totalement écrasé par ce que le Procureur a dit, je n’ai jamais eu l’intention de commettre une agression ou de faire du mal à Mme Josso, je l’ai dit et répété. »

« C’est un cataclysme. J’ai l’impression qu’on me reproche d’avoir de la compassion pour Sandrine. Je n’ai jamais eu cette intention de soumission chimique. »

Réactions des parties impliquées

Me Arnaud Godefroy, l’avocat de Sandrine Josso, a affirmé que Joël Guerriau « ne fait que mentir. Mentir à sa famille. Mentir sur son état dépressif. Mentir sur la connaissance du produit. »

Il ment sur un tas de choses car il est mal à l’aise par rapport à la MDMA, drogue la plus utilisée en soumission chimique, devant le GHB.

Benjamin Coulon, avocat général

Me Godefroy a ajouté que, depuis le 14 novembre 2023, Sandrine Josso a rencontré des difficultés telles que 6 mois d’arrêt de travail, des douleurs physiques, des cauchemars, et des suivis psychiatriques, précisant que « tout ça ne vient pas de nulle part, ça vient de cette soirée.« 

Il a demandé que Joël Guerriau soit condamné à 10.000 euros pour préjudice moral.

Les charges et la défense

Le procureur Benjamin Coulon a requis une peine de 4 ans d’emprisonnement, dont un an avec sursis, ainsi qu’une obligation de soins et une interdiction d’entrer en contact avec Sandrine Josso.

« La réalité est que Joël Guerriau a intentionnellement intoxiqué Sandrine Josso dans un but de nature sexuelle. »

Plaidoirie de la défense

Me Henri Carpentier, l’avocat de Joël Guerriau, a insisté sur le fait que le procès ne devrait pas répondre à une attente sociétale mais se baser sur le droit. Il a déclaré : « Nous allons plaider pour le compte d’un homme, pour que vous puissiez prononcer un jugement qui ne sera pas la meilleure réponse contre la soumission chimique.« 

Il a demandé in fine la relaxe pour son client, arguant de l’absence de preuve d’intention sexuelle. Me Maria Roumiantseva, également avocate de Joël Guerriau, a précisé qu’il existe des éléments sûrs mais que la caractérisation des faits n’est pas établie.

Le déroulement des faits

Le 14 novembre 2023, Sandrine Josso, 48 ans, était chez Joël Guerriau, 56 ans, pour fêter sa récente réélection. Après avoir consommé une coupe et demie de champagne, elle a ressenti des palpitations cardiaques et des nausées. Une analyse a révélé une forte intoxication à l’ecstasy.

Joël Guerriau a qualifié l’incident d' »accident« , tandis que Sandrine Josso a avoué souffrir de stress post-traumatique.

« Je me méfie un peu plus des gens qu’avant, et j’ai des symptômes très gênants qui sont en lien avec ce que j’ai vécu cette soirée-là. »

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