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Après le lynchage à mort de Quentin, militant identitaire à Lyon, et l’interpellation de plusieurs très proches du député LFI Raphaël Arnault, les langues se délient dans la circonscription d’Avignon qu’il a remportée en 2024 après un parachutage : les méthodes musclées et l’intimidation des anciens membres de la Jeune Garde sont dénoncées jusque dans ses rangs.
Élections municipales 2026
Les interpellations se succèdent cinq jours après le lynchage mortel de l’activiste d’extrême droite Quentin Deranque, consécutif à une rixe entre deux groupes rivaux dans les rues de Lyon. À ce jour, onze personnes sont interrogées par les enquêteurs, des jeunes hommes et femmes d’une vingtaine d’années tous issus de la mouvance de l’ultragauche, dont plusieurs sont fichées S par les autorités. « Six au moins » sont soupçonnées d’être en lien avec le tabassage mortel, qualifié d’homicide volontaire et de violences aggravées par le Procureur de Lyon Thierry Dran. Au vu des profils des interpellés qui ont fui sur les réseaux sociaux, l’enquête semble se resserrer sur la Jeune Garde, groupuscule autoproclamé « antifasciste » cofondé en 2018 par l’actuel député LFI d’Avignon, Raphaël Arnault, et dont la dissolution a été prononcée par le ministre de l’Intérieur en juin 2025. Des recours judiciaires sont toujours en cours.
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« Été comme hiver, Jef, Robin et les autres, ils débarquaient à Avignon en short et en t-shirt, en montrant leurs gros bras. Personne ne fait ça ici ! » déclare Rafik (prénom d’emprunt), un membre historique de la section locale de LFI, qui a récemment quitté le parti.
Ayant eu maille à partir en interne avec le clan rapproché du nouveau député parachuté dans la circonscription à l’été 2024, il raconte comment « tout a changé » dans la section locale LFI. « Dans les réunions, ils filtrent les entrées, ils crient, ils intimidident physiquement les militants avec leurs gros bras, en se mettant en travers« . « Leur méthode, c’est toujours de s’imposer par la force » analyse l’ancien militant, qui témoigne de la scission dans les rangs de la section : « À LFI, les anciens instits, ils ne comprenaient pas !«
Leur méthode, c’est toujours de s’imposer par la force
« Ma vie a basculé à ce moment-là » affirme l’avocate avignonnaise Catherine Jaouen. Durant la campagne de 2024, l’ancienne députée RN, battue par Raphaël Arnault, l’a croisé plusieurs fois entourée de « sa garde rapprochée » de jeunes soutiens musclés, dont Jacques-Elie Favrot, qu’elle croit avoir reconnu. L’ex élue se souvient de face-à-face tendus lors de tractages sur les marchés, et Place de l’Horloge dans l’Avignon intra-muros : « une fois, ils étaient une centaine, arrivés de toute la France« . Elle aussi parle d' »intimidation » : « Ils vous ‘braquent’ » explique-t-elle. « Ils se mettent à cinquante centimètres, visage contre visage, et vous regardent fixement. Ils cultivent cette image-là« .
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Les menaces de mort taguées sur le palier de sa résidence familiale ont été un point de bascule.
Les intimidations des proches de Raphaël Arnault ? J’ai dû déménager à cause de ça
Et le soir du second tour, la candidate RN est restée chez elle, sans rejoindre sa permanence. Par crainte de dérapages, « le cabinet du préfet m’a appelée pour m’inviter à ne pas sortir après 18 heures« , explique-t-elle.
Sur la boîte aux lettres, l’ancien autocollant « Jeune Garde » a été gratté. Mais derrière la porte de ce hangar situé dans une impasse discrète d’Avignon à deux pas de la permanence parlementaire de Raphaël Arnault, Rafik raconte que le député et « les nombreux jeunes qui l’accompagnaient » ont installé les équipements nécessaires à leur entraînement sportif. Et aux « formations à l’autodéfense populaire » qui y sont régulièrement dispensées, affirme-t-il. Un local « sous-loué à une association cultuelle » de la ville, « pour deux cents euros par mois« , se souvient l’ancien militant LFI. Sur place, des bancs de musculation, tout l’équipement d’une salle de boxe. « Ils ont baptisé les locaux ‘maison de l’antifascisme’ » raconte Rafik, qui pointe le rôle supposé majeur de Jacques-Elie Favrot, l’assistant parlementaire de Raphaël Arnault, en affirmant que « Jef était l’instructeur« .