TÉMOIGNAGES. Peu de femmes en tête de liste aux municipales : Il est temps daller les chercher






Les femmes têtes de liste pour les municipales : une minorité

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Les femmes « têtes de liste » pour les prochaines élections municipales sont ultra-minoritaires. Malgré les lois sur la parité qui garantissent leur présence sur les listes et ce, même dans les plus petites communes, elles obtiennent très rarement la position de leader. Nous avons recueilli des témoignages de maires et de candidates.

À quelques semaines des élections municipales, de nombreuses têtes de listes se sont déjà fait connaître, et ce sont principalement des hommes. S’ils gagnent, ils seront vraisemblablement élus maires de leur commune. Surprise : les femmes ne représentent qu’à peine 10 % des têtes de liste dans les communes de plus de 3.500 habitants. Cela laisse peu de chance de voir des femmes maires, en dépit des lois sur la parité. En Champagne-Ardenne, la question reste la même : où sont les femmes ?

Les désavantages de la confiance en soi

Seriez-vous capable de faire atterrir un avion en cas d’urgence ? Si vous avez répondu oui, vous êtes probablement… un homme. C’est le constat d’une étude menée par YouGov en 2023. Presque la moitié des hommes interrogés se disent confiants en leur capacité à faire atterrir un avion de ligne en situation d’urgence, alors que moins d’un quart des femmes partagent cet avis.

À compétences égales, les hommes tendent à surestimer leurs capacités, alors que les femmes tendent à les sous-estimer. À l’approche des élections municipales, le constat est similaire en politique : les femmes manquent souvent de confiance, doutent de leurs compétences et n’osent pas s’engager.

Dans les élections municipales, les têtes de liste des communes les plus peuplées sont majoritairement des hommes, tandis que les femmes restent en retrait. Par exemple, seules 2 femmes sont têtes de liste pour 25 hommes dans les Ardennes et l’Aube, 2 sur 8 en Haute-Marne, et 8 pour 53 dans la Marne.

Avec seulement 17 % de femmes maires au niveau national, la gent féminine est ultra-minoritaire. « Il faut aller chercher les femmes », témoigne Raphaële Lanthiez, vice-présidente de l’association des maires de l’Aube.

Bien que la parité soit obligatoire sur les listes, les têtes de liste restent majoritairement masculines. Ce phénomène s’explique en partie par l’éducation : dans les contextes où les hommes occupent massivement les postes de pouvoir, les femmes peinent à s’engager par manque de confiance. La présidente du Pays Nogentais ajoute : « Les femmes se disent qu’elles n’ont pas les compétences. »

Raphaële Lanthiez à la sortie de la mairie de Soligny-les-Étangs. (archives)
Raphaële Lanthiez à la sortie de la mairie de Soligny-les-Étangs. (archives) © France Télévisions

Elle-même maire de Soligny-les-Étangs, une commune de 250 habitants, elle a dû être poussée à s’engager. « J’ai été élue maire pour la première fois en 2001. Je ne me serais jamais lancée sans le soutien des habitants et de ma mère. »

Pour elle, les lois sur la parité sont nécessaires : « La parité est souvent critiquée dans le rural. Je les comprends. Certains collègues maires ont de bonnes équipes, et c’est difficile d’écarter quelqu’un pour laisser la place à une femme. Cela dit, il est indispensable que les femmes représentent la moitié des élus dans les conseils municipaux, puisqu’elles constituent la moitié de la population. Il faut aller chercher les femmes et leur faire une place. »

Anne-Sophie Frigout, députée européenne, sera tête de liste pour le Rassemblement national à Reims. « En tant que femme, je n’ai jamais eu de difficultés, ni à Debout La France, ni au RN. Je suis contre la parité, le côté contraignant des quotas m’exaspère. J’espère avoir été choisie pour mes compétences. »

Elle souligne la prédominance des hommes dans les partis politiques et constate que, bien que les femmes devraient s’engager davantage, elles rencontrent souvent des problèmes d’organisation. « Moi-même, j’ai un bébé de deux ans. Heureusement, mon mari s’engage et me permet de faire de la politique. » D’après elle, il ne faut plus que les femmes se cantonnent à l’éducation des enfants. « Une femme peut travailler et s’engager, à condition d’avoir un bon entourage familial. »

Anne-Sophie Frigout, lors de l'annonce de sa candidature aux municipales de Reims, en mai 2025. (archives)
Anne-Sophie Frigout, lors de l’annonce de sa candidature aux municipales de Reims, en mai 2025. (archives) © France Télévisions

En tant que femme, elle gère les équipes d’une manière différente : « Je me place en maman avec beaucoup de jeunes militants que je coache. » Si elle refuse de se considérer comme une victime, elle déplore les critiques basées sur l’apparence physique. « Cela dégoute certaines femmes, mais cela me renforce dans ma détermination à défendre mes idées. »

Christine Mazy, qui a pris la tête de la commune d’Epernay (Marne) après l’élection de son ancien maire Franck Leroy au conseil régional, s’est finalement lancée dans les municipales. « Je n’ai jamais eu pour objectif d’être maire. Je voulais juste participer à la vie de ma commune. Lorsque Franck Leroy m’a proposé de me présenter, j’ai été surprise, mais je ne regrette pas de me sentir utile. »

Elle a par ailleurs noté qu’elle n’a pas subi de discrimination directe en tant que femme. Cependant, elle se demande souvent si elle devrait être appelée « Madame le maire » ou « Madame la maire ».

Christine Mazy reçoit l'écharpe de maire des mains de Franck Leroy après son élection par le conseil municipal en 2023. (archives)
Christine Mazy reçoit l’écharpe de maire des mains de Franck Leroy après son élection par le conseil municipal en 2023. (archives) © Remi Wafflart / MAXPPP

Des remarques désobligeantes continuent d’accompagner sa fonction : « On dit que j’ai été élue maire, mais que c’est toujours Franck Leroy qui tire les ficelles. Aurait-on dit cela pour un homme ? ».

Malgré tout, elle se dit satisfaite de l’entrée progressive des femmes en politique. « Les femmes sont de plus en plus présentes, même si certains continuent de douter de leurs compétences. » Elle encourage les femmes à croire en elles et
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