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Rénovation du Mont-Saint-Michel

C’est un joyau du patrimoine national, très cher au cœur des Français : le Mont-Saint-Michel. Il attire chaque année des millions de visiteurs, mais soumis aux intempéries, il doit être rénové. De grands travaux, à plus de 50 millions d’euros sur 10 ans, vont débuter. France Télévisions vous invite en exclusivité sur ce chantier qui monte le vertige.

Contexte de la Réhabilitation

C’est devenu un ballet aérien habituel. Aux premières heures de l’aube, le Mont-Saint-Michel se réveille avec un bruit d’hélicoptère. C’est le seul moyen d’acheminer des échafaudages au plus près de l’abbatiale. Ils ont été apportés ici par les airs, et ils repartiront de la même manière. « On a 80 mètres de hauteur. Donc, il faut arriver là. On n’a pas le choix », explique Olivier Penisson, responsable technique de l’abbaye pour le centre des monuments nationaux.

Ces rotations vont se multiplier dans les mois à venir, car le Mont-Saint-Michel est en danger. L’abbaye a survécu aux guerres, aux incendies et aux tempêtes. Mais derrière la carte postale, prisée par trois millions de touristes chaque année, se cache une autre réalité. Ses murs sont en souffrance, et des restaurations s’imposent d’urgence. Comme ici, sur le magnifique escalier de dentelle, emprunté par Sylvain Michel, conservateur au centre des monuments nationaux. « Avec l’érosion, on a le joint qui disparaît progressivement. Donc une ouverture avec l’eau qui peut pénétrer à l’intérieur de la pierre et des maçonneries. À terme, ça peut chuter », indique-t-il.

Travaux Urgents et Intervention

Cette partie de l’abbatiale est interdite au public. Nous sommes sur la terrasse du haut. Les pinacles, les gargouilles et les arcs-boutants sont rongés par de la mousse qui les fragilise. Il va falloir tout brosser et nettoyer. Au sol, de multiples fissures sont apparues. Il est prévu de les couvrir par une couverture en plomb. La conséquence de ces infiltrations, la voici, à l’intérieur de l’abbatiale. En dessous des fissures, les murs sont devenus verts. « C’est un ensemble d’algues, de mousse qui capte leur eau. Il y a des circulations d’eau à travers les gouttes. Ça peut tomber si on n’y remédie pas », précise Sylvain Michel.

À l’extérieur aussi, il y a des risques. Des pierres menacent de tomber. Des cordistes ont été appelés en urgence. Ils vont devoir poser des filets sur les rochers pour les maintenir en attendant d’autres travaux de fond. « On met en place un accès pour intervenir par la suite. On va commencer à faire des petits travaux de maçonnerie », indique un technicien suspendu à la façade.

Investissement et Mobilisation des Ressources

Au total, des travaux importants qui auront un coût pour l’État : « Une cinquantaine de millions sur dix ans, mais par contre vous voyez un rythme qui doit s’accélérer, parce qu’aujourd’hui effectivement les dégâts sur le monument et les agressions qu’il subit sont en train de s’accélérer », pointe Marie Lavandier, présidente du centre des monuments nationaux.

Parce qu’il y a urgence, une petite chapelle méconnue située au pied du Mont, donc très proche des assauts de la mer, sera aussi restaurée, mais cette fois grâce à un appel aux dons. Ses vitraux seront changés, ses murs complètement nettoyés et sa statue également.

Restauration et Sensibilisation du Public

« Vous voyez, vous avez la statue de Saint-Auber. Saint-Aubert, c’est l’évêque d’Avranches, qui a eu la vision de créer le Mont-Saint-Michel. Elle va être totalement nettoyée, elle va retrouver son éclat », nous montre Cécile Anger, responsable mécénat – Établissement public du Mont-Saint-Michel. L’intérieur aussi retrouvera une seconde jeunesse. En tout, une collecte de 100.000 euros, dont 70.000 déjà promis. « Les visiteurs ne savent pas forcément qu’il y a cette chapelle. Et l’intérêt de cette opération de restauration, c’est aussi de mettre la lumière sur cette chapelle du Mont-Saint-Michel », souligne Cécile Anger.

Une première série de travaux a redonné de l’éclat à cette partie de l’abbaye, baptisée La Merveille. Elle porte à nouveau très bien son nom, son clocheton a été refait. Au sommet de la flèche, l’archange Saint-Michel, redoré en 2016, compte bien gagner son combat contre l’usure du temps.



FONTE

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