Insécurité, pelouses massacrées, événementiel débridé : 40 propositions pour revitaliser

Une association de riverains alerte sur l’état du Champ-de-Mars, situé dans le 7e arrondissement de Paris. Ils espèrent en faire l’un des thèmes de la campagne pour les élections municipales de mars.

L’état actuel du Champ-de-Mars

« Insuffisamment protégé, mal entretenu, pas assez sûr. » Selon les « Amis du Champ-de-Mars », ce site touristique qui relie la Tour Eiffel et l’École militaire est en très mauvais état. L’association, qui regroupe plus de 400 adhérents, a élaboré une liste de près de quarante propositions pour améliorer la situation. Leur objectif est de pousser les candidats à la mairie de Paris à en faire un des thèmes de leur campagne électorale.

La situation n’est pas nouvelle. Après les Jeux Olympiques de Paris, qui avaient largement sollicité le Champ-de-Mars pour plusieurs épreuves, les riverains se plaignaient déjà d’un décor peu attrayant. Les travaux et barrières étaient alors omniprésents. Des engins de chantiers s’affairaient à arracher la pelouse, très abîmée par cet événement mondial prévu pour l’été 2024.

Les préoccupations des riverains

« On n’a jamais accès au parc. Il y a toujours des travaux. Toujours du bruit. Toujours quelque chose qui se passe », se lamentait une riveraine interrogée par France 3 Paris Île-de-France. Un autre habitant du quartier ajoutait : « Ce lieu n’est pas fait pour cela. »

Dans leurs suggestions, les Amis du Champ-de-Mars dressent huit axes prioritaires d’amélioration. « Le Champ-de-Mars n’est pas satisfaisant pour plusieurs raisons. Il y a des problèmes d’entretien et de sécurité assez aigus », déclare Gérard Der Agobian, président de l’association. Il souligne que « les pelouses sont soit fermées pour repos hivernal, soit vite massacrées » par près de 21 millions de visiteurs par an.

L’organisation pointe également le nombre d’événements « débordés, voire continus ». Selon Gérard Der Agobian, « entre mars et octobre 2023, il y avait des événements presque sept jours sur dix. Cela signifie une partie du parc privatisée, avec des structures et des bâtiments temporaires, et des lignes de bus coupées. »

Une situation qui « n’est pas normale », selon un visiteur régulier, qui réclame que les événements soient limités à 30 jours par an et que les citoyens soient « mieux informés ».

Problèmes de sécurité

Un autre point noir du Champ-de-Mars, selon les riverains, est l’insécurité, en particulier la nuit. Plusieurs incidents ont terni l’image de ce lieu touristique, comme le viol d’une touriste mexicaine en 2023 ou encore une agression à l’arme blanche. Bien que la préfecture de police de Paris annonce pour 2024 une baisse de 37 % du nombre de visiteurs victimes d’infractions, les riverains demeurent préoccupés.

Les Amis du Champ-de-Mars demandent donc à « instaurer une présence sécuritaire avec des personnels dédiés (gardiens, police municipale, police nationale) », ainsi qu’à « mettre en place une vidéoprotection dissuasive, avec détection automatique des comportements douteux », sur la base des modèles de télésurveillance algorithmiques mis à l’essai durant les Jeux Olympiques de l’été 2024.

Vers une meilleure gouvernance et des propositions concrètes

Bien que Les Amis du Champ-de-Mars se présentent comme une association « apolitique », ils espèrent que leurs idées infuseront le programme des candidats aux élections municipales de mars prochain. Les riverains aspirent également à une meilleure gouvernance en concertation avec les habitants, notamment par la mise en place d’un « schéma directeur permettant une suite d’améliorations graduelles. » Gérard Der Agobian assure : « Non seulement on souhaite qu’ils s’en saisissent, mais on est en train de les contacter pour qu’ils se positionnent sur nos propositions.
FONTE

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