Alex Honnold s’apprête à réaliser une ascension de 500 mètres de haut, sans corde, sans filet, sans sécurité, pour la plateforme Netflix, qui diffuse l’événement en direct dans la nuit de vendredi à samedi, sous le nom « Skyscraper ». Publié le . Temps de lecture : 4 min.
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Si vous avez les mains moites, les pieds qui tremblotent, et que vous êtes pris de vertige à la simple idée de traverser un pont, un conseil : arrêtez la lecture de cet article. De l’aveu même d’Alex Honnold, ce qui suit n’est rien d’autre qu’un piège mortel. « Si je tombe, je meurs », déclare-t-il dans la bande-annonce diffusée par Netflix, l’air de rien, entre deux battements de cœur.
Rendu célèbre par ses ascensions sans la moindre sécurité sur des parois rocheuses extrêmes, le grimpeur américain de 40 ans s’attaquera, samedi 24 janvier, à la tour Taipei 101, culminant à 508 mètres de fer et de verre, le plus haut gratte-ciel de l’île et l’un des plus hauts de la planète.
Adepte du « free solo », c’est-à-dire de l’alpinisme sans matériel, Honnold part à l’assaut de ce gigantesque bâtiment dans son plus simple appareil, une nouvelle fois. Pas de corde, pas de filet, rien d’autre que ses mains nues. « L’une des grandes différences entre l’escalade d’un bâtiment et l’escalade en falaise, c’est qu’il n’y a pas vraiment de mouvement plus difficile qu’un autre », tente-t-il de rassurer dans une interview organisée par Netflix. « D’une certaine manière, c’est moins intimidant que les grandes ascensions en solo intégral sur rocher que j’ai réalisées. Le défi réside dans l’effort physique global. »
« La fatigue qui s’installe au fil de l’ascension du bâtiment est un peu plus difficile à anticiper. Je ne sais pas ce que je vais ressentir. »
Lors d’une rencontre à Paris, Honnold décrivait sa discipline ainsi : « Quand j’entame une ascension, je ne pense qu’à un seul truc : le mouvement d’après. La progression se découpe en deux phases : je suis en sécurité, je suis en danger, je suis en sécurité, je suis en danger… Et ainsi de suite jusqu’en haut. Est-ce que j’ai le droit à l’erreur ? Non… », avait-il ajouté.
Habitué à être suivi par des caméras, le jeune père de famille va ajouter une difficulté supplémentaire : une diffusion en direct sur Netflix (à partir de 2 heures du matin, heure de Paris), dans le cadre d’un événement intitulé « Skyscraper ».
« Les téléspectateurs devraient apprécier les efforts, la pratique et l’entraînement que cela implique. Ce n’est pas fait au hasard. Il y a un plan, et je le mets en œuvre », avance Honnold, dont l’ascension de la mythique paroi El Capitan, dans le parc du Yosemite, avait fait l’objet d’un film primé aux Oscars en 2019.
Cependant, ce choix de retransmettre en live ce défi hors norme soulève des objections au sein de la communauté des grimpeurs. « Je ne comprends pas pourquoi il faut procéder ainsi, si ce n’est pour des raisons commerciales », s’étonne un pratiquant d’escalade taïwanais, interrogé par le Guardian. « S’il échoue, les conséquences seront désastreuses. »
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Alain Robert, qui connaît bien Alex Honnold, affirme : « Les risques sont mesurés. Il est tranquille, il a déjà grimpé [cette tour] plusieurs fois encordé ». Vingt et un ans avant l’Américain, le célèbre grimpeur français avait lui-même escaladé le Taipei 101, mais avec une corde de sécurité. « Fin 2004, j’avais été invité par le gouvernement de Taïwan à venir la grimper, parce qu’il y avait eu des décès pendant la construction du bâtiment, et ils avaient des difficultés à vendre les espaces pour les bureaux », se souvient-il. « Ils voulaient montrer aux gens que le bâtiment était ‘sûr’. »
« C’était un gros événement, diffusé en direct pendant quatre heures sur la télé taïwanaise. »
Quoi qu’il en soit, Netflix semble avoir pensé à tout, même au pire. Selon Franceinfo, l’exploit d’Alex Honnold sera en réalité diffusé avec dix secondes de décalage, permettant à Netflix d’interrompre le flux si nécessaire. Un message d’avertissement sera également adressé aux téléspectateurs.