Suite à une proposition de loi déposée par le Parti socialiste, l’Assemblée Nationale a voté en première lecture la gratuité des parkings des hôpitaux pour les patients, mais pas pour les visiteurs.
Contexte et enjeux de la loi
Au Chesnay-Rocquencourt, à l’hôpital André Mignot, le parking est l’un des plus chers de France. Nous sommes bien dans un établissement public, mais la note peut être salée tant pour les patients que pour les visiteurs. Une conductrice a exprimé sa déception d’avoir dû payer huit euros « pour deux heures« . Un retraité, quant à lui, a payé pratiquement la même somme, 7,80 euros. Bien qu’il comprenne le besoin de cette loi, il ne l’approuve pas totalement : « Gratuité peut-être pas car il faut l’entretenir, mais au moins que cela soit plus abordable« .
Détails de la proposition de loi
Dans le cadre de cette proposition de loi déposée le 16 septembre dernier, il est prévu de garantir la gratuité des parkings des hôpitaux publics pour les patients, les visiteurs, et le personnel durant leurs heures de travail. L’Assemblée Nationale a adopté ce texte ce jeudi matin.
Si la loi est définitivement adoptée, les parkings seront gratuits pour les patients, tandis que pour les visiteurs, seules les deux premières heures seront gratuites.
Réactions et attentes des utilisateurs
Ce résultat est salué par les associations d’utilisateurs, bien que celles-ci estiment qu’il reste en-dessous des attentes, comme le souligne Féreuze Aziza, chargée de mission assurance maladie pour l’association France Assos Santé. Elle déclare : « Lorsque des parents viennent voir un enfant malade, il serait souhaitable de supprimer la restriction des deux heures car une fois le délai écoulé, il faut payer ou partir. Pour un jeune enfant hospitalisé longtemps, il est essentiel que ses parents puissent rester durant toute la journée.«
Inquiétudes face aux parkings surchargés
Cependant, tous ne partagent pas cet avis. Le directeur de l’hôpital public de Saclay avertit que l’offre de deux heures gratuites risque d’être détournée, notamment en Île-de-France où les places de parking sont rares et chères. Il souligne : « Le risque majeur est de revivre ce que d’autres hôpitaux de notre groupe rencontrent déjà, à savoir des personnes se rendant dans les hôpitaux pour faire leurs courses, profitant ainsi de la gratuité pendant deux heures au détriment des patients et du personnel qui ont besoin de ces places.«
Implications financières pour les hôpitaux
Une autre conséquence potentielle de la gratuité des parkings pour les hôpitaux publics serait de devoir indemniser les sociétés privées qui gèrent actuellement ces parkings. À Saclay, la direction évoque des indemnités comprises entre 30 000 et 40 000 euros annuels, un effort budgétaire qui pourrait impacter les soins.