La candidate LR, Rachida Dati, réclame une enquête globale sur l’ensemble du périscolaire parisien. À gauche, Emmanuelle Grégoire, elle, promet de « revoir les procédures, les contrôles et l’encadrement » des enfants.
Révélations alarmantes sur le périscolaire à Paris
Après plusieurs révélations de maltraitance dans la presse, la nouvelle enquête de « Cash Investigation » met en lumière des défaillances persistantes dans le périscolaire à Paris. Diffusée ce jeudi sur France 2, elle a provoqué des réactions de stupeur chez plusieurs candidats à la mairie de Paris.
Des témoignages accablants
Après avoir réussi à se faire embaucher par la ville de Paris comme animatrice, une journaliste a pu constater et filmer des violences verbales ainsi que des comportements inappropriés de la part de certains animateurs dans une école maternelle. L’enquête, qui s’intéresse également aux conditions de travail des animateurs, souligne les faibles rémunérations, les temps partiels subis et des emplois du temps hachés, alors que plus de 5 millions d’enfants sont accueillis chaque jour dans le périscolaire.
On y voit des témoignages de parents dont les signalements de comportements suspects d’animateurs ne sont pas pris en compte, ainsi que l’absence de cadre de recrutement. Des comportements inappropriés ont également été rapportés, comme un animateur embrassant un enfant sur la bouche dans une école maternelle du 7e arrondissement de Paris.
Réactions des responsables politiques
« Les images, filmées en caméra cachée, montrent des comportements inacceptables à l’encontre des enfants », a réagi Rachida Dati, maire LR du 7e arrondissement et candidate à la mairie de Paris. Elle dénonce « l’omerta » ainsi que des « dysfonctionnements systémiques » qui perdurent à la Ville de Paris. Dati réclame une enquête globale sur l’ensemble du périscolaire parisien, ainsi qu’un plan d’urgence pour faire face à la multiplication d’agressions sur les enfants et une refonte intégrale du périscolaire.
De son côté, la candidate Insoumise Sophia Chikirou a déposé une proposition de résolution pour une enquête parlementaire à la demande des parents d’élèves, afin de « faire la lumière sur le système périscolaire à Paris et partout en France ». « Qui sont les responsables ? Pourquoi les alertes n’ont-elles jamais été suivies d’effet ? », s’interroge-t-elle.
Un dysfonctionnement institutionnel
Concernant l’école maternelle Baudin, dans le 11e arrondissement, dont un ancien animateur sera jugé en mai pour agression sexuelle sur cinq enfants, le premier adjoint Patrick Bloche a reconnu un « dysfonctionnement majeur dans le cheminement du signalement ». Ce signalement aurait été adressé à un agent qui ne l’a pas remonté.
« Choc et colère devant l’enquête de Cash Investigation », a réagi Emmanuel Grégoire, candidat de l’union de la gauche hors LFI. « Les situations de violence mentionnées sont insupportables. Les manquements dans l’encadrement des enfants et dans le traitement des affaires signalées sont inadmissibles », a-t-il affirmé, lui-même ancien victime de violences sexuelles dans le cadre périscolaire durant son enfance.
Il conclut en insistant : « Il faut tout revoir : les procédures, les contrôles, l’encadrement, et même la culture d’une institution qui peut générer une forme de maltraitance lorsque des alertes ne sont pas traitées suffisamment vite. »