Aila Navidi : Ce qui me choque, cest la classification des étrangers. El título no debe






Aila Navidi et sa pièce « 4211 km »

L’autrice, actrice et metteuse en scène franco-iranienne Aila Navidi reprend sa pièce « 4211 km ». C’est la distance entre Paris et Téhéran, pour un récit à la fois sur l’exil et sur l’identité.

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Aila Navidi
Aila Navidi (à gauche) reçoit en 2024 le Molière du meilleur spectacle de théâtre privé pour sa pièce « 4211 km ». (THOMAS SAMSON / AFP)

La pièce 4211 km a été écrite avant le mouvement « femme, vie, liberté ». Elle a obtenu le succès du public et la reconnaissance des professionnels par 2 Molières. Aila Navidi n’ignore pas que cette histoire, d’un exil familial et de combats menés à Paris pour défendre les opposants au régime de Téhéran, prend un sens tout particulier aujourd’hui : « Je me sens extrêmement meurtrie de l’intérieur, mais symboliquement la jouer ici sur la plus belle avenue du monde, et en face de l’Élysée pour interpeller les dirigeants, est très important ».

L’autrice se réjouit que l’Union Européenne place les Gardiens de la Révolution iraniens sur la liste des organisations terroristes : « Enfin ! » affirme celle qui fait partie d’un collectif ayant appelé à de telles sanctions. « Notre peuple, nos frères, nos sœurs, nos familles, nos amis, sont reconnus comme étant sous l’oppression non pas d’un régime dictatorial mais de terroristes, ce qui n’est absolument pas la même chose. »

4211 km est à la fois le récit de ces décennies d’exil, de combats menés à Paris pour défendre les opposants iraniens emprisonnés et torturés, et de l’impossibilité de faire le deuil d’un grand-père quand on est séparé par une telle distance, de l’espoir toujours pour Aila Navidi de se rendre dans ce pays qu’elle n’a jamais connu.

C’est aussi une réflexion sur l’identité d’une femme née en France au début des années 1980, qui a dû attendre sa majorité pour être naturalisée : « Qu’est-ce que ça signifie être français aujourd’hui, et qu’est-ce que ça veut dire acquérir cette nationalité aussi tardivement ? » Aila Navidi a l’impression d’être régulièrement renvoyée à ses origines et s’inquiète de ce qu’elle appelle le racisme ordinaire.

« Ce qui me heurte, c’est qu’on puisse classifier les étrangers, comme s’il y avait un bon et un mauvais étranger. » La comédienne et metteuse en scène, née en France au début des années 1980, a voté pour la première fois en avril 2002 quand Jean-Marie Le Pen a atteint le second tour de la présidentielle. Elle ne cache pas son inquiétude face à l’hypothèse crédible d’un candidat RN au pouvoir en 2027 : « Il faut absolument que nous alertions sur le danger d’un passage en 2027 de l’extrême droite, qu’il ne faut pas banaliser. »

L’autrice pense notamment à la jeunesse qui, parfois, « ne fait pas la différence entre droite et extrême droite, entre centre et droite, alors qu’il y en a une qui est fondamentale et qui est liée à des valeurs ».

4211 km, pièce écrite et mise en scène par Aila Navidi, sera à voir au Studio Marigny à Paris à partir du 4 février.



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