La société Poilâne, reconnue pour ses célèbres pains au levain, a été placée en redressement judiciaire le 19 janvier dernier, selon un avis du tribunal des activités économiques de Paris. Cette décision suscite une inquiétude sur l’avenir de cette entreprise centenaire qui a vu sa notoriété grandir au-delà des frontières françaises.
Les raisons du redressement judiciaire
Apollonia Poilâne, héritière de la maison éponyme, a déclaré que l’entreprise « se restructurer et retrouver une trajectoire durable » après une période difficile. Le tribunal a prononcé la « résolution du plan de sauvegarde et le redressement judiciaire » de Poilâne, avec un avis publié le 4 février au Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales (Bodacc).
Dans un communiqué, Apollonia Poilâne a précisé : « L’activité se poursuit normalement. Les emplois sont intégralement maintenus et cette procédure n’entraîne aucun changement dans le fonctionnement quotidien de l’entreprise ni dans l’organisation des équipes« . Toutefois, cette situation résulte d’une fermeture administrative survenue alors que l’entreprise était déjà fragilisée par la baisse de la consommation et des difficultés structurelles du commerce à Paris.
Les impacts de la fermeture administrative
Selon des informations rapportées, les difficultés financières de Poilâne se sont aggravées suite à la fermeture temporaire de son site de production de Bièvres, en Essonne, au printemps 2025. Cette fermeture, décidée par la préfecture, était due à des problèmes d’hygiène et de sécurité.
L’entreprise exploite cinq boutiques à Paris ainsi qu’une à Londres, en plus de fournir de grandes surfaces et des restaurants. Sa miche à la croûte brune épaisse et sa mie au goût légèrement acide ont séduit des célébrités telles que Steven Spielberg et Robert De Niro, qui faisaient livrer leur pain dans les années 2000.
Vers une restructuration nécessaire
Apollonia Poilâne, qui dirige l’entreprise fondée par son grand-père Pierre en 1932, estime que cette procédure de redressement permet à l’entreprise d’avoir un cadre clair pour sa restructuration. En mars 2024, Poilâne avait déjà obtenu l’abandon d’une partie des créances ainsi qu’un étalement de ses dettes bancaires et sociales sur 5 à 6 ans.
Lors du dernier exercice publié, clos fin mars 2024, l’entreprise avait enregistré une perte nette de 2,1 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 10,5 millions d’euros, soit une diminution de 6 % par rapport à l’année précédente, selon sa documentation financière.
Face aux défis du marché et à la nécessité de se réinventer, la maison Poilâne se trouve à un carrefour crucial pour préserver son héritage et sa place dans l’univers de la boulangerie artisanale.