Des guides arrêtés, des billets réutilisés : enquête sur lescroquerie à la billetterie du






Fraude au musée du Louvre et au château de Versailles

Quatre mois après le spectaculaire cambriolage, le célèbre musée est touché par une fraude de grande ampleur, estimée à 10 millions d’euros. Neuf personnes ont été arrêtées et mises en examen. Le château de Versailles est aussi concerné.

Publié , mis à jour . Temps de lecture : 4 minutes.

Des visiteurs devant l'entrée du Louvre, le 30 octobre 2025. (ANADOLU / AFP)
Des visiteurs devant l’entrée du Louvre, le 30 octobre 2025. (ANADOLU / AFP)

Après le cambriolage spectaculaire d’octobre 2025, le musée le plus visité du monde subit une nouvelle épreuve. Vendredi 13 février, neuf personnes ont été mises en examen pour des soupçons d’escroquerie à la billetterie au préjudice du musée du Louvre ainsi que du château de Versailles : deux gardiens du musée, selon une source proche du dossier, des guides touristiques et une personne suspectée d’avoir organisé le réseau, placée en détention provisoire, a annoncé le parquet de Paris.

Une information judiciaire avait été ouverte en juin 2025 pour « escroquerie en bande organisée », « blanchiment en bande organisée », « corruption publique active et passive », « aide à l’entrée et au séjour irrégulier en bande organisée » et « usage de faux administratif ». Voici ce que l’on sait de cette escroquerie d’ampleur.

Un signalement émis par le musée

L’enquête débute en décembre 2024, après une plainte déposée par le Louvre. L’établissement constate alors « la présence fréquente d’un couple de guides chinois qui faisait entrer des groupes de touristes chinois en fraudant la billetterie », selon le parquet de Paris. D’autres guides sont aussi soupçonnés « des mêmes pratiques », selon le ministère public. Un dispositif de « surveillances » et « d’écoutes » est alors mis en place par les enquêteurs, confirmant les suspicions du musée.

La direction du musée, contactée, confirme que « l’existence d’un réseau organisant une fraude d’ampleur est soupçonnée » et précise « qu’il revient aux investigations en cours de faire toute la lumière sur les agissements signalés ». Par ailleurs, le Louvre indique faire face à « une recrudescence et une diversification des fraudes à la billetterie » et avoir mis en place « un plan structuré de lutte contre la fraude ».

Un système de réutilisation de billets

Le système était bien rodé : selon des sources proches du dossier, les guides achetaient des billets journaliers non nominatifs au tarif de 22 euros, permettant des entrées et sorties multiples, qu’ils revendaient pour une cinquantaine d’euros à des groupes. Selon le parquet, les tickets étaient réutilisés plusieurs fois pour des visiteurs différents et une « stratégie d’éclatement des groupes » avait été mise en place pour éviter « le paiement du droit de parole des guides », un droit très réglementé permettant de commenter les œuvres devant du public dans les salles du musée. Des complices internes sont également soupçonnés d’avoir été payés en échange d’un relâchement des contrôles.

Un préjudice estimé à 10 millions d’euros

Sur la période, le préjudice pour le Louvre est estimé à plus de 10 millions d’euros. Pour le château de Versailles, les dommages ne sont pas connus à ce jour. Contactée, la direction du monument n’a pas souhaité faire de commentaire. À ce stade, plus de 957.000 euros ont déjà été saisis en espèces, dont 67.000 euros en devises étrangères, ainsi que 486.000 euros sur différents comptes bancaires, selon les informations communiquées par le parquet de Paris.

Les mis en cause sont soupçonnés d’avoir investi une partie de cette somme dans de l’immobilier, en France et à Dubaï, selon le parquet.



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