La présence de certains stands au Salon de l’Agriculture suscite l’indignation parmi les producteurs et sème le doute chez les visiteurs. Au parc des expositions de la porte de Versailles à Paris, les critiques fusent concernant des exposants qualifiés d' »opportunistes » et « d’arnaqueurs ». Mais comment les exposants concernés réagissent-ils ?
Les frustrations des producteurs
Alexis Madelin, fondateur d’une brasserie à Chablis, s’insurge contre la présence de « faux produits régionaux » au salon. « Ça ressemble à des produits régionaux, c’est vendu comme des produits régionaux, mais ce ne sont pas des produits régionaux », déclare-t-il. Installé au pavillon 7, cet exposant affirme repérer rapidement les imposteurs en se promenant dans les allées.
Il dénonce également les exorbitants prix pratiqués, notamment au pavillon 4. « Des nougats, du fromage, des confiseries… Tu vas payer ton paquet de noisettes grillées à 50 euros le kilo. À ce prix-là, c’est de l’escroquerie vu la qualité », souligne-t-il. Pour lui, certains exposants ne devraient pas être présents. « Ils ne représentent pas l’agriculture, la production artisanale. C’est uniquement pour faire du chiffre, comme sur les foires. Ça dessert l’image du salon », continue-t-il.
Il propose que la question soit peut-être financière pour l’organisation du salon, alors que pour les vrais producteurs, la sélection est rigoureuse et passe par des appels d’offres avec les Régions.
Des voix similaires parmi les producteurs
Marie-Claude Stoffel, coprésidente du syndicat des fabricants de nougats de Montélimar (IGP), partage cette colère. Elle dénonce la présence d' »arnaqueurs » qui ne respectent pas le cahier des charges de ce label. Malgré ses alertes auprès des organisateurs, elle constate : « rien n’a pu être fait » cette année, ce qu’elle juge inacceptable.
Au pavillon ciblé par Alexis Madelin, censé rassembler l’artisanat et le patrimoine rural de France, se trouvent plusieurs stands de confiseries aux allures engageantes, mais qui ne respectent pas toujours les normes. Des mentions telles que « Nougat fabriqué à Montélimar » fleurissent, mais certains exposants précise que « l’IGP » n’est pas indiquée car ils ne l’ont pas obtenue.
Les visiteurs face à la situation
Les visiteurs, comme Christiane, s’interrogent : « C’est bon mais j’avoue que je ne sais pas si c’est vraiment artisanal. Difficile de faire la différence. » Louis, agriculteur lui-même, précise qu’il préfère faire confiance aux labels avec contrôles, assurant ainsi une qualité.
Gilles, un ancien charcutier, se montre critique : « J’ai l’impression que tout le monde se prétend producteur artisanal. C’est malhonnête, d’autant que les prix sont parfois exorbitants sur le salon. »
La réponse des organisateurs
Concernant la 62e édition du Salon, qui se tient jusqu’au dimanche 1er mars, les organisateurs assurent que chaque exposant déclare sous sa seule responsabilité disposer des droits nécessaires à l’utilisation des marques et signes officiels de qualité. Ils précisent que « le contrôle des signes officiels comme les AOP ou IGP relève des organismes certificateurs agréés ».
Les organisateurs affirment prendre au sérieux tous les signalements et que dès qu’ils sont alertés, la situation est examinée dans le cadre de leurs procédures internes. Ils ajoutent que des mesures peuvent être prises si les obligations réglementaires ne sont pas respectées.
Le Salon de l’Agriculture 2026
Le Salon International de l’Agriculture se déroule du 21 février au 1er mars 2026 à Paris Expo Porte de Versailles. Cet événement met en lumière les acteurs et les enjeux du monde agricole français, des filières d’élevage aux productions végétales, tout en se concentrant sur des approches durables et biologiques. Comme chaque année, le salon offre un aperçu des différentes régions et de leurs terroirs, mais également un espace d’échanges entre professionnels, institutions et grand public.
Lieu de l’événement : Paris