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La sécurisation du détroit d’Ormuz, d’où transite le quart du pétrole et du gaz consommés dans le monde, est un enjeu clé du conflit au Moyen-Orient. Mais cela fait 40 ans que cette zone de passage d’une trentaine de kilomètres est au cœur de tous les dangers.
Le détroit d’Ormuz en situation de crise
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité. Un pétrolier qui prend feu, touché par un projectile, et des marins paniqués dans le détroit d’Ormuz. Dans le détroit d’Ormuz, stratégique et dangereux, des tankers étaient déjà mitraillés et bombardés il y a 40 ans. Un lieu sous haute tension où chaque incident a des répercussions mondiales.
En 1979, la guerre Iran-Irak se prépare et déjà tous les yeux sont tournés vers le détroit d’Ormuz. L’armée du nouveau régime iranien et ses vedettes rapides inquiètent dans cette zone clé du commerce international. En 1980, l’Irak de Saddam Hussein attaque l’Iran de Rouhollah Khomeini, le début d’une guerre de 8 ans. Les navires pétroliers font des ronds dans l’eau, ils passent au compte-goutte. À l’époque, on redoute la fermeture durable du détroit d’Ormuz, d’où transite déjà près de la moitié du pétrole exporté à travers le monde.
La menace est alors partout. Des missiles peuvent frapper les alliés de l’Iran comme de l’Irak au sein du golfe Persique. Le détroit d’Ormuz, un corridor maritime partagé entre l’Iran et Oman, mesure seulement une trentaine de kilomètres de large au point le plus étroit. Deux couloirs de navigation de 3,7 km dans une zone peu profonde, 60 mètres maximum. Le passage est étroit, presque un piège. « Ça a tout pour être une embuscade », explique le vice-amiral Michel Olhagaray, « C’est comme un défilé, en quelque sorte. Et donc, de chaque côté, et en particulier du côté iranien, il peut y avoir installation de menaces. »
En 1987, c’est tout le Moyen-Orient qui est en tension. Guerre Iran-Irak, crise au Liban, les forces américaines interviennent et la France envoie son porte-avions, où déjà un président français s’exprime depuis la passerelle du Clemenceau. « Nous avons cette force qui est là pour préserver nos intérêts », avait alors déclaré François Mitterrand.
Pour éviter le blocage du trafic dans le détroit, les pays producteurs voisins comme l’Arabie saoudite ou les Émirats arabes unis ont investi et cherché d’autres solutions pour acheminer le pétrole. Aujourd’hui, il existe des alternatives terrestres, c’est-à-dire des oléoducs qui vont de l’est vers l’ouest de l’Arabie saoudite. De la même manière, il existe des oléoducs partant des Émirats arabes unis. Mais ces oléoducs n’ont pas la même capacité d’exportation que la voie maritime. Le détroit d’Ormuz n’a jamais été totalement fermé en 40 ans. Environ 25 % du gaz liquéfié et 20 % du pétrole mondial y circulent toujours.