Victimes du réchauffement climatique, les fresques de Michel-Ange se détériorent à cause de la transpiration des milliers de visiteurs qui les contemplent chaque jour.
Publiée
Temps de lecture : 3 min
L’une des œuvres d’art les plus célèbres au monde victime de notre transpiration. Le jugement dernier, l’immense fresque de Michel-Ange qui orne la chapelle Sixtine, au sein des musées du Vatican en Italie, est en restauration. Il s’agit de la plus importante depuis plus de 30 ans, en 1994. Une petite pellicule blanche est en train de recouvrir l’œuvre, comme une cataracte sur un œil vieillissant. Une opération simple est en train de lui redonner toutes ses couleurs.
Plus de 25.000 personnes visitent chaque jour la célèbre chapelle du Vatican et elles transpirent de plus en plus. « Le changement climatique provoque une hausse des températures. À l’intérieur du musée également, la transpiration des visiteurs augmente, la sueur produit de l’acide lactique qui vient se fixer sur le carbonate de calcium de la fresque. Et cela a créé ce voile en superficie », explique Fabio Moresi, qui dirige la recherche scientifique aux musées du Vatican.
Sur l’échafaudage, Paolo Violini, le responsable des restaurations, montre le bras d’un personnage recouvert de la pellicule blanche et son visage nettoyé : « C’est parfaitement soluble, il suffit de quelques gouttes. On passe de l’eau distillée au pinceau, on applique un papier léger qui adhère à la fresque et au bout de quelques minutes, on retire le papier. Le dépôt blanchâtre y reste collé et la fresque est restaurée. »
Les quelque quinze spécialistes qui interviennent ont le plus beau bureau du monde pendant cinq semaines, sous le plafond de la Sixtine, là où Michel-Ange a commencé sa fresque de 180 m². « Nous sommes en symbiose avec l’œuvre, s’émerveille Fabrizio Biferalli, à la tête du département Art de la Renaissance. On y découvre des choses nouvelles, comme des corrections apportées par Michel-Ange. Regardez cette jambe. Initialement, il l’avait dessinée plus à gauche, puis il a réalisé que vu d’en bas, cela n’irait pas, alors il l’a repeinte. »
Comment retarder la réapparition de cette pellicule ? Afin de limiter la concentration des visiteurs, la jauge est fixée à 30.000 personnes avec, désormais, deux heures d’ouverture de plus par jour. « C’est aussi une question de ventilation entre la porte de sortie à proximité et la climatisation, cela favorise le dépôt de cette pellicule sur le mur », précise Giandomenico Spinola, directeur adjoint du musée. Les autres fresques, notamment celles du XVe siècle, sont
FONTE