Choc pétrolier : le retour imminent ?. El título no debe incluir ningún código HTML o etiquetas





Article sur l’actualité

L’actualité remise en perspective chaque samedi, grâce à l’historien Fabrice d’Almeida.

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Une station-service près de Lille, fermée car non approvisionnée, en novembre 1973 (AFP)
Une station-service près de Lille, fermée car non approvisionnée, en novembre 1973 (AFP)

Alors que les États-Unis envisagent de prendre l’île de Kharg, où se trouvent plus de 90% des installations pétrolières iraniennes, et dans le contexte de blocage du détroit d’Ormuz par où transitent les pétroliers et les méthaniers, on redoute désormais un nouveau choc pétrolier. Et cette expression nous renvoie au premier choc pétrolier de notre histoire, celui de 1973. Beaucoup s’en souviennent comme d’un point de bascule de notre monde et de l’économie française.

En octobre 1973, la Syrie et l’Égypte ont attaqué Israël, le premier jour du jeûne de Kippour (qui correspondait aussi au Ramadan). Les armées israéliennes étaient en passe d’être dépassées. Mais elles réussissent à reprendre le dessus avec le soutien des États-Unis. C’est dans ce contexte que dix pays arabes exportateurs de pétrole, réunis à Koweït City, décident d’une hausse du prix du pétrole et une réduction de leurs exportations à destination des pays qui soutiennent Israël. Leur position est soutenue par d’autres pays non arabes de l’Opep, qui y voient l’opportunité de mieux valoriser ce que l’on appelle maintenant, à raison, l’or noir. En quelques semaines, le prix du baril est multiplié par 4. Le prix de l’essence s’envole. Et celui de l’électricité aussi.

Le chef du gouvernement français de l’époque est une personnalité un peu oubliée aujourd’hui : Pierre Messmer, un gaulliste de la première heure, héros de la Seconde Guerre mondiale, qui a participé à la bataille de Bir Hakeim. Il est en poste depuis un peu plus d’un an comme Premier ministre quand la crise survient. Comme dans les autres pays d’Europe, sa réaction consiste avant tout à effectuer des économies d’énergie. Les Italiens par exemple réduiront la circulation automobile le dimanche pour baisser la consommation d’essence.

La France met en place la limitation de vitesse à 100 km/h (puis, très vite, 90 km/h) sur route et 120 km/h sur autoroute. Et Paris ne sera plus tout à fait la « ville lumière » avec ses devantures de magasin sombres et ses monuments plongés dans le noir. Dès 1974, le gouvernement Messmer met en place une agence pour les économies d’énergie. C’est elle qui produit un spot qui est entré dans l’histoire : « En France, on n’a pas de pétrole, mais on a des idées ». La grande idée (qui n’est pas exposée), c’est que la France est déjà en train de concevoir des centrales nucléaires, pour sortir de la dépendance au pétrole.

Mais cela n’empêche pas le pays d’entrer en crise profonde en 1975. La croissance s’effondre, le chômage de masse commence, l’État s’endette. Si bien que ce choc de 1973 est rentré dans les mémoires comme un changement d’époque, celui du passage de la prospérité à la crise. La même inquiétude qui revient aujourd’hui.

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