Aux Oscars, un nombre record de films évoquent la crise climatique : Arco, Bugonia ou






Climat et Cinéma aux Oscars 2026

Cinq films nommés passent le test du « Climate reality check », pensé comme un baromètre de la présence des enjeux climatiques dans les œuvres cinématographiques.

Publié

Temps de lecture : 4 min

Les statuettes des Oscars sont exposées le 9 février 2020, à Hollywood (États-Unis). (GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)
Les statuettes des Oscars sont exposées le 9 février 2020, à Hollywood (États-Unis).
(GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

« Une année décisive pour le climat aux Oscars. » La 98e plus grande cérémonie du cinéma mondial se déroule dans la nuit du dimanche 15 au lundi 16 mars à Hollywood (États-Unis). Si Sinners et Une bataille après l’autre font office de grands favoris, c’est à d’autres longs-métrages qu’ont décidé de s’intéresser le cabinet de conseil américain Good Energy et Matthew Schneider-Mayerson, professeur en études environnementales à l’université de Colby (États-Unis). Ils se sont penchés, dans un rapport publié début mars, sur les films nommés qui évoquent le réchauffement climatique.

Sur 16 films en compétition dont l’intrigue se déroule sur Terre, dans un passé proche, au présent ou dans le futur, cinq passent leur « Climate reality check » (« rappel à la réalité du climat » en français). Un test similaire à celui de « Bechdel » sur le sexisme, qui met en évidence la surreprésentation des personnages masculins dans les œuvres de fiction. « L’enjeu climatique existe-t-il dans l’histoire ? Un personnage en est-il conscient ? », questionne le test. Pour cinq films sur 16, la réponse est positive. Soit 31 %, un niveau « jamais atteint auparavant », se réjouissent les auteurs, qui rappellent que le taux était de 10 % en 2025 et 23 % en 2024.

Les cinq grands gagnants vont du film d’animation intimiste à la franchise de blockbuster, note le rapport. Ils cumulent à eux seuls près d’un milliard de dollars de recettes mondiales au box-office (environ 870 millions d’euros). « Ensemble, ils montrent que le climat peut se décliner sous d’innombrables formes cinématographiques, tout comme il se décline à travers d’innombrables expériences vécues », défend l’analyse.

Il y a d’abord Arco, le conte écologique enchanteur du Français Ugo Bienvenu, nommé pour l’Oscar du meilleur film d’animation. « À travers une animation époustouflante et une galerie de personnes touchantes et variées, cette histoire nous rappelle qu’il faut tout un village pour élever des enfants, se protéger les uns les autres et prendre soin de la Terre », salue le rapport.

Autre film, Bugonia, de Yorgos Lanthimos, nommé dans quatre catégories, qui « nous invite à nous demander si nous saurons nous unir face à l’urgence environnementale ». Ou encore Jurassic World : Renaissance, nommé pour ses effets visuels, qui « transmet un message clair : l’ego humain, la cupidité et la perturbation de l’équilibre fragile de la nature mènent à la ruine – en l’occurrence, dans les mâchoires des dinosaures. »

Concourant dans la même catégorie, The Lost Bus : Au cœur des flammes, de Paul Greengrass, « traite de la nature et des incendies de forêt comme des personnages à part entière ». Enfin, Sirat d’Oliver Laxe, qui représente l’Espagne dans la catégorie du meilleur film international, « met en lumière la vérité selon laquelle nous sommes tous des migrants dans un monde marqué par le changement climatique ».

La présence croissante de cette thématique est jugée primordiale, alors que le réchauffement climatique touche tous les continents et que de plus en plus de populations sont vulnérables à ses impacts. « On parle beaucoup de la nécessité de créer de nouveaux imaginaires, qui rendent la transition écologique désirable. De ce point de vue, les œuvres culturelles ont un rôle important à jouer, notamment celles qui touchent le plus grand nombre », défend ainsi Charles Ménard, cofondateur de l’Observatoire de la fiction.

« À une époque qui exige un courage, une créativité et une solidarité hors du commun, ces cinq films braquent leur objectif sur une question : ‘Qu’est-ce que cela signifie d’être humain à l’ère du changement climatique ?' »

L’organisation « Climate reality check »

dans son rapport sur les Oscars 2026

Mais le chemin est encore long. En 2025, l’Observatoire de la fiction établissait que 30 % des films présentés au Festival de Cannes évoquaient l’écologie ou l’environnement, « mais le plus souvent sous une forme très ponctuelle ou anecdotique. » De son côté, le « Climate reality check » se fixe l’objectif, pour 2027, de « 50 % des films nommés aux Oscars qui passeront le test. » « J’espère que nous continuerons à voir des histoires qui font des héros de celles et ceux qui consacrent leur vie à la protection de la planète », acquiesce auprès du Hollywood Reporter Patrick Crowley, producteur du dernier Jurassic World.



FONTE

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *