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Le chanteur Gims a été interpellé et placé en garde à vue mercredi 25 mars dans le cadre d’une enquête ouverte pour blanchiment d’argent en bande organisée. Plusieurs organisations criminelles se sont imposées dans le milieu du rap, soit par la menace, soit de manière plus fluide auprès des artistes.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Depuis cinq jours, il se mure dans le silence. Gims, l’un des artistes les plus populaires en France, est au cœur de la tourmente. Arrêté à l’aéroport Charles de Gaulle cette semaine, il est mis en examen pour blanchiment aggravé. Les enquêteurs soupçonnent le rappeur d’avoir des liens potentiels avec un réseau international de blanchiment d’argent. Un choc pour de nombreux fans. « Je trouve ça dommage juste de donner cette image-là aux gens après une si grande carrière » ; « C’est sûr que ça change un peu l’image qu’on peut avoir d’une personne et même d’un artiste », expliquent plusieurs passants.
Derrière la méga star, il y a aussi un homme d’affaires qui génère des millions d’euros. 20 millions pour un contrat signé avec une maison de disques, une tournée qui atteint les 18 millions d’euros, une marque de vêtements à 3,2 millions et enfin des investissements immobiliers. Sur les réseaux sociaux, on le voit par exemple faire la promotion de ce complexe de maisons ultra-luxueuses au Maroc. C’est ce projet immobilier et les fonds utilisés qui sont aujourd’hui dans le viseur de la justice française.
Gims posséderait également une dizaine d’autres sociétés au Maroc sur lesquelles a enquêté ce journaliste. « Dans la quasi-intégralité de ces sociétés, on ne retrouve aucun document comptable public. Rien n’est déposé au tribunal. C’est qu’il y a une forme d’opacité au niveau du flux financier qui circule. Donc, pour ne pas aller jusqu’à interpréter, on peut dire effectivement qu’il y a quelque chose qui nous pousse à nous interroger », rapporte Soufiane Sbiti, directeur de la rédaction de Le Desk.
Le rap et l’argent. Le milieu musical attire les convoitises. De plus en plus de rappeurs se retrouvent régulièrement approchés ou menacés par des groupes criminels. À l’été 2024, c’est le rappeur SCH qui est visé par des membres du grand banditisme. À la sortie d’une boîte de nuit près de Montpellier, un de ses proches est tué à la Kalachnikov. Le rappeur aurait refusé de céder à des tentatives de racket. Les soupçons se portent sur les narcotrafiquants de la DZ Mafia. Parfois, ce sont les artistes eux-mêmes qui entretiennent des liens avec les criminels. Le chanteur Koba LaD n’a jamais caché son amitié avec le narcotrafiquant Mohamed Amra. « Il y a des liens et des liens sulfureux entre certains entourages de rappeurs et des figures du grand banditisme. Et donc effectivement, ce flux d’argent attise énormément de convoitises », explique Joan Tilouine, co-auteur du Livre « l’Empire, enquête au cœur du rap français ». Le milieu du rap reste très discret sur ces accusations. Concernant les soupçons de blanchiment d’argent, l’avocat de Gims n’a pas souhaité nous répondre.
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