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Séance auditive de Nagui : entre débats et accusations

Le mercredi 1er avril 2026, l’animateur Nagui a témoigné devant une commission d’enquête parlementaire sur la neutralité et le financement de l’audiovisuel public. Cet événement s’est rapidement transformé en une rencontre tendue, où il a défendu sa position face à des accusations relatives à ses rémunérations et à ses prises de position politiques.

Un animateur au cœur des débats politique et financier

«Je n’ai jamais pris l’antenne en otage» : Nagui assure n’avoir jamais pris position lors de ses émissions.

«Je n’ai jamais eu de prise de position à l’antenne», a assuré Nagui, interrogé par le rapporteur Charles Alloncle sur ses propos critiques envers le Rassemblement National (RN) ou en faveur de la condition animale.

Le rapporteur a alors questionné l’animateur sur des déclarations passées où il avait exprimé le souhait de quitter le pays en cas d’élection de Marine Le Pen. «On est sûr que cette question corresponde au but de la commission d’enquête ?», s’est étonné Nagui, indiquant qu’il avait finalement changé d’avis sur le sujet.

«Je n’ai jamais été encarté, jamais été au moindre meeting politique, mais je m’intéresse à la vie politique de notre société et à l’avenir de notre pays», a-t-il insisté, soulignant à nouveau qu’il n’avait «jamais pris l’antenne en otage».

Salaries en question

Nagui affirme gagner dix fois moins sur France Inter que sur RTL.

Nagui a exprimé son regret de ne pas avoir été interrogé sur l’écart salarial entre le secteur public et privé, précisant que «le rapport est de 10 entre ce que je gagnais à RTL à l’époque et ce que je gagne aujourd’hui à France Inter».

Ramené à évoquer sa rémunération à Banijay pour la télévision, il a refusé de commenter, affirmant : «Mon travail dans la société de production n’est pas uniquement pour le service public, mais pour l’ensemble des productions.»

«J’ai même eu Le Grêlé» dans un jeu, ironise Nagui, assurant ne pas trier ses invités.

Répondant aux critiques de la députée RN Caroline Parmentier sur ses prises de position, Nagui a déclaré n’avoir jamais trié ni censuré les invités de ses émissions. «Je ne sais pas qui sont ou ce que portent les personnes qui viennent dans les émissions. J’ai même eu Le Grêlé», réfère-t-il, à propos d’un tueur en série qui avait participé à Qui veut prendre sa place en 2019, avant d’être soupçonné de ses crimes.

Les finances de l’audiovisuel public : un sujet délicat

Sur 100 euros dépensés par France Télévisions pour une émission, la moitié revient à l’État en impôts, assure Nagui.

Nagui a décomposé le coût d’une émission vendue à France Télévisions. Selon ses dires, sur 100 euros commandés à Banijay, «50 euros vont dans les caisses de l’État : TVA, charges patronales, charges sociales…» a-t-il expliqué. «Ensuite, entre 40 et 45 euros vont aux prestataires, aux salaires, aux consommables, aux décors», dont une partie est également reversée en impôts. «Il reste entre 5 et 10 euros pour Banijay», a-t-il précisé, rappelant que les émissions qui ont du succès rapportent également de l’argent à France Télévisions.

Nagui reconnaît gagner «très bien» sa vie mais rappelle ne pas être salarié de France Télévisions.

«Je ne suis pas salarié de France Télévisions», a affirmé Nagui après plusieurs questions sur sa rémunération, soulignant que les sommes facturées pour ses émissions proviennent de la société de production.

«Je gagne très bien ma vie», a-t-il reconnu, nommant Banijay comme la société avec qui il a négocié son salaire. «Mon boulot est de produire le plus possible, le mieux possible, de tenir des parts de marché, de rester à l’antenne et de respecter ce que la chaîne me demande.» En revanche, à Radio France, Nagui se présente comme «salarié du service public».

Retour sur la création de l’émission culte

Nagui revient sur la création de l’émission N’oubliez pas les paroles.

«Il n’y a pas eu d’appel d’offres» avant la création de l’émission, souligne Nagui. L’émission a été testée pendant deux mois le samedi, s’agissant d’une adaptation d’un format étranger. «C’est immédiatement un succès» en termes d’audience, et la chaîne commande alors une version quotidienne, raconte-t-il. Nagui ajoute avoir exprimé dans la presse qu’il ne croyait pas que N’oubliez pas les paroles pourrait fonctionner en quotidienne, et a cédé sa place à la présentation à Patrick Sabatier, avant d’être rappelé par la direction à cause de la baisse d’audience.

Charles Alloncle accuse à son tour Nagui d’avoir déclenché des menaces de mort à son encontre avec ses propos.

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