La reconnaissance de l’État envers « l’héroïsme » dont ils ont fait preuve se fait attendre. Ils devaient recevoir, il y a quelques jours, la médaille de la ville de Paris mais la cérémonie a été annulée.
Publié le 01/04/2026 à 07:55
Temps de lecture : 3 min
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(STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)
Plus de dix ans après la nuit du 13 novembre, les policiers de la BAC 75N attendent toujours d’être décorés pour leur intervention lors des attentats à Paris, notamment au Bataclan. Une cérémonie pour décorer les policiers de cette unité, restée dans l’ombre de la BRI (brigade de recherche et d’intervention) et du Raid cette nuit-là, était pourtant prévue il y a quelques jours à l’hôtel de ville, avec une remise de la médaille de la ville de Paris. Mais elle a été annulée, la mairie n’ayant pas eu de retour du ministère de l’Intérieur.
« Nous sommes tous rentrés dans (le Bataclan) sans savoir si on allait en ressortir », rappelle Alain Giraud, membre de cette unité aujourd’hui à la retraite. Il ne se « considère nullement comme un héros », mais il rappelle : « On rentre dans une zone de guerre sur un territoire national, je pense qu’une décoration, c’est un remerciement de l’État par rapport à ce qu’on a fait ». Plus de 10 ans plus tard, il se dit « énormément en colère » et confie avoir « de l’amertume » vis-à-vis du ministère de l’Intérieur et de l’Élysée.
Le chef de l’époque de la BAC 75N, le commissaire Guillaume Cardy, est l’un des premiers policiers, avec son conducteur, à être entré dans le Bataclan et à neutraliser l’un des terroristes.
« Lorsque nos bons policiers de la BAC 75N pénètrent dans le Bataclan, ils vont à la mort, ils sont prêts à se sacrifier pour sauver leurs concitoyens. »
Hector Bernardini, avocat de 17 policiers de la BAC
« C’est peut-être au nom de ce sacrifice qu’on peut mesurer l’héroïsme qui a été le leur, et la raison pour laquelle on considère que cet héroïsme mérite toute la reconnaissance de l’État », estime Hector Bernardini, l’avocat de 17 policiers de la BAC.
Sollicité par franceinfo, le ministère de l’Intérieur répond que Laurent Nuñez « a toujours considéré » que les policiers intervenus le soir du Bataclan « méritaient d’être récompensés ». Le ministère estime qu’il est « évident que d’autres intervenants méritent de voir leur action saluée », en plus des « colonnes d’assaut » Alpha et Bravo décorées par la Légion d’honneur, comme l’a souhaité Emmanuel Macron en novembre 2025.
« Le chef de l’État avait demandé dans le même temps au ministre de l’Intérieur de faire travailler ses directeurs généraux à intégrer ces intervenants aux côtés d’autres agents lors des futures promotions dans les ordres nationaux. C’est le sens des travaux menés actuellement », précise le ministère de l’Intérieur.
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