Les fêtes de Pâques représentent pour tous les chocolatiers une période cruciale, générant parfois entre 20 et 30 % du chiffre d’affaires annuel. Pour les maisons familiales, ces moments deviennent de véritables repères affectifs au cœur des villes, assurant une continuité pour plusieurs générations.
Un incontournable à Bordeaux
À Bordeaux (Gironde), la chocolaterie Cadiot-Badie est une institution très convoitée à la veille de Pâques. « C’est la valeur sûre, c’est tout au long de l’année, c’est vraiment délicieux« , confie une cliente. Les créations chocolatées sont des œuvres d’art à croquer, parfois avec modération. « C’est un peu la madeleine de Proust, et on a envie de tout goûter. Donc effectivement, c’est très tentant, et c’est plutôt comment se limiter sans faire d’excès. Ça va être ça le défi, je pense« , ajoute une autre.
Célébration de 200 ans d’histoire
Cette année, la chocolaterie fête ses 200 ans. Cadiot-Badie est l’histoire de deux sœurs qui dirigent la boutique. Elles ont développé un savoir-faire unique avec une recette signature : la guinette bordelaise. Cette spécialité, une cerise à l’alcool enrobée de chocolat, est un petit bijou. « C’est un petit secret maison, même s’il y a d’autres Bordelais qui en font. Mais c’est vrai que c’est typiquement bordelais ; à l’extérieur de Bordeaux, c’est compliqué d’en trouver« , confie Alexandre Michaud, chocolatier.
Transmission du savoir
Le travail de chocolatier est un véritable art qui se transmet de génération en génération. « Il faut que le métier se transmette, et on est content de former des petits jeunes. Il faut qu’ils perpétuent le métier et le savoir« , déclare Grégory Fardet, chocolatier. À Cadiot-Badie, la star de Pâques n’est pas un œuf ni un lapin, mais le marquis de Tourny, celui qui a métamorphosé Bordeaux. « Il a révolutionné le centre de Bordeaux. On lui doit de belles allées, les allées de Tourny. Le marquis nous est fidèle depuis des années« , ajoute Serge Michaud, propriétaire de la chocolaterie.
Effervescence en coulisses
Dans cette boutique, plus de 5 tonnes de chocolat sont produites pour Pâques. En coulisses, l’atmosphère est à l’effervescence. Audrey Bruneau Marchand, aide chocolatière et ancienne athlète de haut niveau, compare cette période à la préparation d’un marathon. « Je la prends un peu comme une compétition. Je sais que c’est court, mais ce sera intense« , sourit-elle. Après Noël, Pâques est l’une des périodes les plus importantes de l’année pour la chocolaterie, représentant près d’un quart du chiffre d’affaires total annuel.