Continuellement titulaire depuis octobre pour pallier les absences successives, le titi parisien de 20 ans devra encore hausser son niveau contre les Reds, mercredi, pour conserver sa place dans le onze jusqu’en fin de saison.
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Depuis un an, au PSG, presque rien n’a changé. Le collectif de Luis Enrique est huilé, le titre national à chaque journée plus proche, et en phase éliminatoire de Ligue des champions, le onze demeure quasiment figé. Parmi les joueurs alignés d’entrée contre Liverpool l’an dernier, identiques à l’aller et au retour, seuls Bradley Barcola et Fabian Ruiz, forfaits, ne débuteront pas mercredi 8 avril au Parc des Princes contre le même adversaire, lors des quarts de finale de la C1. L’un des heureux suppléants sera, comme toujours, Warren Zaïre-Emery, en grande forme en 2026 après un long trou d’air l’an dernier.
Indéboulonnable derrière les indéboulonnables, « WZE » trouve toujours une place où se glisser dans le onze parisien cette saison. Au milieu de terrain jusqu’en novembre, au poste d’arrière droit pendant trois mois quand Achraf Hakimi, blessé à la cheville puis parti à la Coupe d’Afrique des nations, a déserté son couloir, et de nouveau à son poste préférentiel depuis le retour du Marocain, qui a précisément coïncidé avec la blessure de Fabian Ruiz fin janvier.
« Ce sont deux joueurs différents, ils font des choses un peu différentes, mais c’est à nous de nous ajuster », a expliqué Vitinha à propos de l’Espagnol et du Français, en conférence de presse à la veille de la réception de Liverpool. « On a déjà montré plein de fois que quand quelqu’un n’est pas là, que ce soit Fabian [Ruiz], Warren [Zaïre-Emery], Viti, João [Neves] ou Ousmane [Dembélé], l’équipe prend ses responsabilités, gagne le match et répond présente. » Warren Zaïre-Emery est justement le symbole de cette souplesse : il a immédiatement convaincu au poste de latéral, même s’il avait un rôle intérieur dans l’animation de Luis Enrique, puis n’a eu aucun mal à retrouver l’entrejeu.
Contre Liverpool, Warren Zaïre-Emery enchaînera une 40e titularisation consécutive sous le maillot du PSG. Surtout, après un exercice 2024-2025 compliqué, il a retrouvé un rôle moteur dans le collectif parisien. Fort de 2.211 minutes sur les terrains de Ligue 1 cette saison, plus que n’importe quel autre Parisien et déjà plus que lors de ses trois premières saisons professionnelles, il est le Parisien qui a créé le plus d’occasions dans le jeu courant en championnat (32, d’après Opta), ainsi que celui qui a réussi le plus de tacles (44).
Des statistiques qu’il doit avant tout à son temps passé sur le pré, mais ce double apport illustre aussi la nouvelle dimension physique prise par le Montreuillois de naissance. Toujours généreux dans l’effort, il dégage une puissance impressionnante au duel. « En haut, il est intraitable », juge le sélectionneur de l’équipe de France Espoirs, Gérald Baticle, dans L’Equipe. « On le voit à ses épaules et à ses trapèzes. Il a une force naturelle spectaculaire et assez rare dans le foot. Chez un animal, on dirait qu’il a la force d’un sanglier. » Des qualités musculaires utiles au sol, mais aussi dans les airs, où il a remporté 71,4 % de ses duels en Ligue 1 cette saison malgré sa taille assez modeste (1,78 m).
Rarement avare de louanges à l’endroit de ses joueurs, Luis Enrique a d’ailleurs des mots particulièrement élogieux pour l’unique joueur majeur de son effectif formé au club : « On a souvent parlé de lui, mais il est vraiment ce que représente un titi », flattait le technicien espagnol avant la réception de Monaco, début mars. « C’est un vrai titi non seulement pour ce qu’il fait sur le terrain, mais aussi comment il se comporte en dehors pendant sa vie. C’est un privilège d’avoir un joueur comme lui. Il joue partout, il a des qualités individuelles, techniques et physiques. C’est un vrai plaisir de l’entraîner. »
Exemplaire dans sa débauche d’énergie, toujours propre quand Paris déroule son football, « WZE » doit encore montrer qu’il est plus qu’un rouage dépendant du rendement de la machine, qu’il peut surnager quand le collectif parisien est davantage bousculé : trop effacé dans la déroute générale à Rennes mi-février (défaite 3-1), il a même été l’un des principaux coupables contre Monaco il y a un mois (défaite 3-1) en offrant le premier but à Maghnes Akliouche, après une conduite de balle trop cavalière dans sa propre surface de réparation.
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Mais, chaque fois, le titi a retrouvé son meilleur niveau sur la scène européenne, montrant une résilience qui lui avait fait défaut durant son long coup de mou en 2025, qui lui avait même valu un retour en Espoirs en octobre, près de deux ans après sa première en A : « C’est moi tout seul qui me bride », estimait-il alors. « Je sais que j’en ai les capacités. La confiance joue un petit peu. Ça va revenir naturellement. » Le voilà sorti de cette longue torpeur ou plus simplement d’un creux de forme presque habituel chez les joueurs qui ont éclot précocement.
L’an dernier, sur le chemin du triomphe européen de son club d’enfance, Warren Zaïre-Emery avait définitivement perdu sa place sur blessure en janvier. S’il veut jouer le même tour à Fabian Ruiz, qui est sur le chemin du retour, il devra montrer contre Liverpool qu’il est plus qu’un suppléant de luxe et aider le PSG à rallier le dernier carré pour profiter du célèbre adage sur une équipe qui gagne.