Sur le podium de Milan, ce 20 juin, les Apollons fétiches de la marque Dolce & Gabbana ont célébré l’île de contraste à travers un vestiaire tour à tour sombre et lumineux, traversé de l’opulence et de l’extravagance chères aux deux créateurs.

Chez Dolce & Gabbana, la gouvernance évolue, mais l’ADN reste intacte. En avril dernier, Stefano Gabbana quittait en effet la présidence de la maison italienne, mais conservait sa direction créative aux côtés de Domenico Dolce, son partenaire de longue date. Une réorganisation présentée comme « une évolution naturelle de sa structure organisationnelle » de l’entreprise qui suscitait des interrogations sur la suite.
Dolce & Gabbana allait-il rester Dolce & Gabbana ? La réponse est oui. En témoigne le dernier défilé de la marque, présenté fin juin à Milan pendant la Fashion Week, qui revisite ses racines siciliennes avec le sens de la théâtralité et de la provocation chères à la maison.
Toutes les couleurs de la Sicile
Région natale de Domenico Dolce, la Sicile irrigue l’univers de la maison italienne à travers sa culture (temples grecs, motifs baroques…). Il ne s’agit donc pas d’une escapade estivale mais d’un retour aux sources. « Pour nous, la Sicile n’a jamais été une tendance. C’est le lieu où tout a commencé et vers lequel nous sommes naturellement revenus depuis près de quarante ans », souligne le duo dans un communiqué de presse. « Cette collection est riche parce que la Sicile elle-même est riche. »
Le show débute, enfin, avec une dizaine de silhouettes entièrement noires, évoquant « l’intensité et l’austérité de l’île », relativement sobres, mais traversées par l’extravagance maison (mini-shorts seventies, gilets sans manches, hauts en maille ajourée). Puis toutes les couleurs siciliennes défilent : le bleu de la mer, le vert des pistaches, le beige des cordes tressées à la main, le jaune des citrons…

Strass et biceps
Les looks s’enchaînent dans la plus pure tradition de la marque : une mode, sensuelle, solaire et grandiose, immédiatement reconnaissable. On retrouve les motifs familiers du vestiaire Dolce & Gabbana, les agrumes imprimés sur des tee-shirts, les broderies d’inspiration religieuse sur des chemises, les strass, cristaux et broches qui font scintiller les silhouettes sur le podium. Les pièces les plus remarquables se décorent de coraux qui font tourner les têtes de l’assistance.

Les silhouettes sont généralement relâchées, les coupes amples, mais quelques looks bien plus ajustés rappellent que Dolce & Gabbana ne renonce jamais complètement à l’exaltation du corps masculin. Preuve en est, le débardeur blanc demeure l’un des piliers du vestiaire.
Au final, les mannequins reparaissent entièrement vêtus de blanc, couleur que le duo de créateurs associe à « la face la plus lumineuse de la Sicile ». Ce contraste évident avec le début du défilé souligne la richesse des styles de la maison qui montre qu’elle a encore de beaux jours devant elle.
