Rei Kawakubo fait son premier défilé à Paris en 1982, un moment qui marque les esprits et bouleverse les normes de la mode. Les critiques peinent à interpréter son univers unique et déroutant. Ignorant les sous-titres, elle laisse flotter sa mode entre deux mondes, créant une atmosphère de jet-lag semblable à celle des films de Sofia Coppola.
Un défilé inaugural marquant
En mars 1982, Rei Kawakubo défile pour la première fois à Paris dans le nouveau chapiteau installé dans la Cour carrée du Louvre pour la Fashion Week. Un an plus tôt, elle avait présenté quelques modèles dans une chambre d’hôtel de l’Intercontinental, sans même en informer son compagnon de l’époque, Yohji Yamamoto, qui expose également son travail dans une boutique du quartier.
Ce chapiteau, où se déroulent les collections de créateurs de tous horizons devant le même public et les photographes, offre une ambiance exubérante et éclatante. En ce sens, les créateurs français, tels que Jean-Paul Gaultier, Thierry Mugler et Claude Montana, sont largement représentés. Les Japonais, dont Kenzo et Issey Miyake, sont également très appréciés par les rédactrices de mode.

Cependant, le 25 mars 1982, une tonalité différente émerge avec l’intrigante nouvelle marque « Comme des garçons ». Les mannequins, au maquillage de guerre, défilent à une cadence militaire, habillés de mailles trouées par des…
Une mystique unique
Ils fuient les projecteurs, cultivent le secret et ont bâti leur légende. Les designers les plus insaisissables se racontent mieux à travers la fiction. Les créations de Kawakubo incarnent cette mystique, défiant les conventions et éveillant la curiosité.
Une exposition au Metropolitan Museum de New York
En 2017, une exposition consacrée à Kawakubo au Metropolitan Museum de New York est venue célébrer son œuvre, montrant son influence persistante sur la mode contemporaine. Sa capacité à transcender les genres et les frontières culturelles a marqué l’histoire de la mode, inspirant de nombreuses générations de créateurs.
Kawakubo ne cherche pas à séduire par le biais de la convention, mais plutôt à provoquer des questionnements sur ce que la mode peut être et comment elle peut être perçue. Son travail, un équilibre délicat entre l’art et le vêtement, demeure un sujet de débat et d’émerveillement.