Dans sept cas sur dix, les incendies se révèlent, au cours des enquêtes, d’origine criminelle. Vendredi, 308 personnes au total ont été interpellées sur l’ensemble du territoire dans le cadre d’enquêtes ouvertes sur des départs de feux, un chiffre en constante augmentation.
Publiée le 31/07/2026 à 13:53
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Parmi les 308 personnes interpellées dans le cadre d’enquêtes, 33 sont incarcérées, « soit en détention provisoire, en attente de jugement, soit qui ont été condamnées », parfois « à de la prison ferme », a déclaré le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, vendredi 31 juillet.
« On se base beaucoup sur les témoignages des premiers intervenants, des patrouilles qu’on a formées à faire ce qu’on appelle ‘le gel des lieux’, en recueillant numéros d’immatriculation et autres », explique sur Franceinfo Christophe Peigne, commandant de gendarmerie de la Brigade territoriale de proximité de Collobrières, dans le Var et membre d’une de ces équipes spécialisées dans la recherche des causes et circonstances des incendies (RCCI).
Pour comprendre les causes d’un incendie, une équipe est diligentée alors que le feu n’est pas encore éteint. « Ce qu’on va essayer de déterminer, c’est le lieu de départ de feu », explique Christophe Peigne. « On a appris à lire le passage du feu dans le milieu ambiant. »
« Quand il va se déplacer, le feu va marquer les objets, les arbres, les cailloux d’une certaine façon. »
Christophe Peigne, commandant de gendarmerie
Ainsi, ces équipes, également composées de sapeurs-pompiers et de forestiers de l’Office national des forêts, remontent vers l’origine du feu en posant des marqueurs : « Et une fois qu’on est sur la zone de départ, on va faire comme si c’était une scène de crime », décrit Christophe Peigne. « On va rechercher tous les éléments et les indices qui nous permettent d’établir la cause du feu. »
Après examen, les enquêteurs trouvent parfois des preuves, comme des vestiges de systèmes de mise à feu ou des traces de produits. « Les produits inflammables, c’est facile à retrouver parce qu’on a des appareils détecteurs d’hydrocarbures », explique Christophe Peigne. « Ils nous permettent de faire des prélèvements, puis on les envoie à l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie, qui va nous indiquer quel produit a été utilisé. »
Pour les systèmes de mise à feu qui s’autodétruisent, la gendarmerie du Var dispose d’une « base assez complète », poursuit le commandant, « et des fois, juste un petit objet va nous rappeler ce système qu’on a déjà vu ailleurs ».
Ensuite, pour remonter jusqu’à un suspect, « on va travailler comme une enquête classique », décrit Christophe Peigne. « Enquête de voisinage, éventuellement de la téléphonie, de la vidéo de zone de passage dans les villes, on peut utiliser des drones, des fois… Tout ce qu’on va retrouver dans une enquête criminelle, on la met au profit des feux de forêt également. »
Grâce à une météo plus clémente, la situation se calme en Gironde et ailleurs, mais on compte encore quelques secteurs persistants et neuf départements restent en risque « élevé » de feux de forêts.