Au terme d’un voyage où il a risqué sa vie, Nabil Attar est arrivé à Orléans où il a ouvert son restaurant Närenj. Un rêve qu’il ne s’était pas autorisé à réaliser en Syrie. Publié . Temps de lecture : 1 min.
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En cuisine, Nabil Attar fait revivre ses souvenirs de Syrie. Fin 2015, ce haut cadre en informatique fuit Damas, craignant pour la sécurité de ses enfants. Sa femme et ses deux fils partent devant avec un visa en poche, tandis que Nabil doit emprunter la mer quelques mois plus tard avec des passeurs. « J’ai dû prendre le chemin de la mort. Ces passeurs sont des criminels, ils ne font ça que pour l’argent ! Je suis tombé dans la mer une fois. J’ai nagé jusqu’à la plage pendant une demi-heure. J’ai réessayé le lendemain. Je n’ai pas pu sentir l’odeur de la mer pendant plusieurs années ! »
Nabil finit par rejoindre sa famille à Orléans, ville où il a désormais ouvert son restaurant, un projet qu’il avait déjà en tête en Syrie. « C’était mon rêve à Damas d’ouvrir un petit restaurant. Mais j’avais peur de me lancer, de changer de travail, donc il y avait une résistance. Quand j’ai tout perdu, je me suis dit : il faut réaliser ce rêve-là ! » En souvenir de son pays natal, il l’a baptisé Närenj, qui signifie en syrien l’arbre d’orange amer, symbole de Damas.
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Mais avant de pouvoir concrétiser ce rêve, une rencontre a été déterminante : celle avec le Refugee Food Festival, qui permet à des réfugiés de se réinsérer grâce à la cuisine. Nabil apprend le métier et se sent prêt à lancer son affaire. Il en tire une leçon : tout est possible.
« Imaginez que vous avez tout perdu et que vous vous trouvez dans un pays où vous ne parlez pas la langue. Même avec ça, vous pouvez réussir ! C’est le message que je veux transmettre. »
Depuis la chute du régime de Bachar al-Assad, Nabil est revenu plusieurs fois en Syrie, où vivent encore ses parents et ses sœurs. Il observe le pays changer : « Avant, il y avait deux heures d’électricité par jour, maintenant il y en a presque vingt, donc c’est beaucoup mieux qu’avant. Avant, il n’y avait pas de gaz et maintenant il y en a, c’est pareil pour l’essence. Il y a de nouvelles rues, des lumières, des jardins, des fleurs, des roses dans la rue. On n’avait pas tout ça ! »
Pour autant, Nabil Attar, qui a acquis la nationalité française il y a sept ans, n’a pas l’intention de se réinstaller en Syrie. « Mon pays, c’est la France ! », dit-il.