La détentrice du record d’Europe du 400 m haies s’est lancée, en octobre dernier, sur le 800 m en vue des JO 2028. La Néerlandaise tentera, à partir de mardi, d’atteindre la finale des championnats d’Europe de Birmingham.
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« Je me vois vraiment comme une débutante dans cette épreuve mais je pense que je ne suis plus une athlète débutante. » Cette phrase, Femke Broeders-Bol, double championne du monde en titre du 400 m haies, la prononçait en octobre dernier. Dans les rangs des engagées au premier tour du 800 m des championnats d’Europe de Birmingham, mardi 11 août, la Néerlandaise fait figure d’ovni. Il y a dix mois, elle n’avait encore jamais couru sur cette distance en compétition. Elle se présente pourtant avec le 4e temps des inscrites. Un apprentissage aussi rapide que sa pointe de vitesse sur le tour de piste.
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Jusqu’ici, Femke Broeders-Bol a gagné ses galons sur le 400 m haies, avec entre autres deux médailles d’or mondiales (2023, 2025) et deux de bronze olympiques (2021, 2024). Elle fait aussi les beaux jours du relais 4×400 m oranje : le mixte a par exemple été auréolé d’or à Paris aux JO en 2024. Mais après 30 victoires en Ligue de diamant (où elle est invaincue) sur les haies, Femke Broeders-Bol avait besoin d’un nouveau défi.
« Je pense avoir réalisé à peu près tout ce dont je pouvais rêver sur 400 m haies, sauf l’or olympique. Je me sens prête pour un nouveau chapitre, pour tenter quelque chose de complètement différent, qui, je pense, fait écho à mes points forts sur 400 m haies. »
Femke Broeders-Bol, athlète néerlandaise
aux médias européens
Dès le départ, Femke Broeders-Bol s’est projetée vers Los Angeles 2028, où elle vise la seule médaille (l’or individuel) qui manque à son palmarès : « Mon ambition n’est pas seulement de participer, mais aussi d’atteindre et de réussir au plus haut niveau. »
« Je suis impressionnée, mais pas choquée car elle est tellement forte. C’est hyper courageux de sortir de sa zone de confort et de changer de discipline. Elle aurait pu rester toute sa vie sur les haies et continuer de gagner, » salue la vice-championne d’Europe du 400 m haies, Louise Maraval, qui a terminé derrière la Néerlandaise en 2024.
Le changement de discipline et l’objectif élevé n’effraient pas son entraîneur suisse Laurent Meuwly. « J’ai toujours dit que si Femke était passée au 800 m, c’était parce que j’estimais aussi que le record du monde du 800 m était plus à sa portée que celui du 400 m haies, » a-t-il justifié peu avant sa première sortie sur sa nouvelle discipline en extérieur, mi-juin.
Depuis les Mondiaux de Tokyo, fin septembre, la Néerlandaise a vu son entraînement évoluer. « Je n’ai jamais couru plus de 600 mètres à fond. Les 200 derniers mètres représentent donc une nouveauté pour moi. Je dois vraiment augmenter le volume et intégrer de nouveaux exercices, » confiait-elle. Outre la durée de l’effort, l’athlète de 26 ans doit apprendre à courir contre des adversaires en peloton, alors que les coureuses de 400 m haies restent dans leur couloir.
Pour Laurent Meuwly, pas question de tout révolutionner. « L’erreur serait de ne travailler que sur ses faiblesses et d’oublier d’entretenir ses qualités qui vont faire la différence. » « Elle n’aura jamais l’endurance de Georgia Hunter Bell, elle ne va pas avoir certaines qualités de Keely Hodgkinson ou de Mary Moora. Mais c’est Femke Bol, elle est la seule à courir 49 secondes sur 400 m en salle ou à faire 100 kg à l’époulé. »
Pour conserver ses atouts, Femke Broeders-Bol continue ainsi de travailler sa vitesse et de pousser de la fonte en salle de musculation, mais elle a aussi augmenté son volume kilométrique pour améliorer son endurance. Surtout, elle apprend à gérer différemment ses allures de course.
« Elle a dû s’habituer à ce que je lui dise ‘tu dois courir plus lentement’ alors qu’elle n’entendait jamais ça avant. »
Laurent Meuwly, entraîneur de Femke Broeders-Bol
Dès sa première sortie sur le double tour de piste, en salle, le 8 février à Metz, Femke Broeders-Bol a démontré qu’elle n’était pas là pour observer. Avec un chrono de 1:59,07, elle s’est directement adjugé le record national.
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La native d’Amersfoort a aussi découvert des sensations nouvelles. « Sur 400 m, le lactate arrive très brutalement, généralement dans les 300 derniers mètres, avec l’impression
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