L’huile de moteur, essentielle pour l’utilisation de générateurs électriques, manque et impose de nouvelles restrictions à de nombreux Palestiniens. Un chef de mission chez Médecins sans Frontières dénonce une politique d’usure d’Israël, visible « depuis le début de la guerre ».
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Dans la bande de Gaza, des milliers de personnes pourraient mourir si les autorités israéliennes ne lèvent pas leurs restrictions, alerte l’ONG française Médecins sans Frontières (MSF). Depuis l’annonce en juillet de la feuille de route américaine prônant un retrait israélien et une désarmement du Hamas, un plan accepté par le mouvement mais rejeté par Israël, rien n’a changé pour les deux millions d’habitants de l’enclave.
Pendant le mois d’août, la pénurie d’huile de moteur et de pièces détachées menace gravement le bon fonctionnement des hôpitaux. Dans la bande de Gaza, privée d’électricité, les hôpitaux dépendent de générateurs électriques. Or, sans huile de moteur ou pièces de rechange, ils finissent par tomber en panne.
« Aujourd’hui, c’est la dignité même des Palestiniens qui est en jeu », affirme Philippe Ribeiro, chef de mission de MSF en Palestine. Depuis Amman, en Jordanie, il coordonne le travail de 1 500 employés, contraints à des choix impossibles.
Il observe une « situation de presque rupture » et souligne des coupures d’air conditionné auprès des grands brûlés, qui se retrouvent « dans une pièce où il fait entre 35 et 38 degrés ».
« C’est un système extrêmement bien huilé qui organise la pénurie. »
Les unités de dessalement sont également mises à l’épreuve, tandis que l’eau manque cruellement : « La population bénéficie d’à peu près six litres d’eau potable par jour et par personne, pour boire, pour cuisiner… Ça correspond à une chasse d’eau », explique Philippe Ribeiro.
Cette situation est la conséquence d’une politique d’usure délibérée de la part d’Israël que « l’on voit depuis le début de la guerre ». Israël, poursuit le responsable, réduit les Palestiniens de l’enclave à des conditions où la vie devient insupportable. Cette population de deux millions d’habitants, qui manque déjà de tout, est désormais contrainte de vivre sur un espace de 110 km2, soit un tiers de la bande de Gaza.