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Ils rythment encore nos vacances mais semblent moins nous rester en tête ces dernières années. Y a-t-il un blues des chansons d’été ? L’émergence des plateformes et des réseaux sociaux changent petit à petit nos manières de les consommer et surtout, de les partager avec les autres.
Waka Waka de Shakira, Macarena de Los Del Rio, Asereje des Las Ketchup… Sur la route des vacances ou lors de soirées estivales, ces musiques ont accompagné nos étés. Avec leurs mélodies entraînantes, ces chansons nous ramènent à la plage, les pieds en éventail.
En 2026, selon les chiffres du Syndicat national de l’édition phonographique (SNEP), c’est Sexy Nana de la chanteuse Aya Nakamura et du rappeur Rvfleuze qui ouvre le bal des hits de l’été en France à la première place des écoutes entre le 22 mai et le 12 juin. Avant d’être remplacé pour le reste de la saison par Pilé de Mauvais Djo et Dai Dai de Shakira et Burna Boy qui prennent le relais en tête du podium jusqu’au 14 août, date d’arrêt du dernier comptage du SNEP. Malgré leur popularité, on ne fredonne pas tous leur refrain ou même, certains ne les connaissent tout simplement pas.
Ce type de titre estival plutôt commercial ou mainstream est pourtant une musique produite en vue d’une diffusion massive au public le plus large possible. De la mélodie au refrain, en passant par la manière dont la voix de l’artiste est posée, tout semble fait pour que la musique touche le public le plus large possible. L’été, celles-ci sont produites pour être dansantes dans un premier temps puis sur des sonorités latine ou afro-caribéennes à l’image du fameux single Hips Don’t Lie de Shakira, hit de l’été 2006, souligne Thomas Mercier-Bellevue, professeur à l’université de Picardie-Jules Verne et spécialiste de musiques commerciales auprès de Franceinfo.
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« Avant, un tube c’était une chanson que tout le monde connaissait parce que l’écoute était plus facilement identifiable, c’est-à-dire que ça passait à la radio, à la télévision, il y avait un peu de pub, c’était dans les bars, les boîtes de nuit, etc, « détaille Cristina Diego Pacheco, maîtresse de conférences à l’université de Lorraine, à Franceinfo. Tout était très concentré autour d’une ou de quelques chansons. Tout le monde écoutait ça, ou subissait même, les hits d’été parce que c’était une chanson que tout le monde connaissait et c’était aussi un peu intergénérationnel. » L’idée d’un tube de l’été fédérateur dans les décennies passées n’est toutefois pas à fantasmer puisque beaucoup « étaient déjà noyés à l’époque parmi d’autres chansons populaires », note Thomas Mercier-Bellevue.
« Les hits de l’été se multiplient plus qu’ils ne disparaissent. Sauf qu’aujourd’hui, ils ne vont potentiellement pas communiquer dans les mêmes espaces, ne vont pas être écoutés par les mêmes publics. »
Côté chiffres, le monde de la musique n’a jamais autant eu le vent en poupe. La Fédération internationale de l’industrie phonographique (IFPI), en charge du respect des droits d’auteur des artistes dans le monde entier, relève dans son bilan de l’année 2025 que l’industrie a connu une croissance de ses revenus de 6,4 %, atteignant les 31,7 milliards de dollars. Et ce, grâce aux plateformes d’écoute telles que Spotify ou Apple Music, rapportant à elles seules 22 milliards de dollars. La France est même le second plus gros marché en Europe en 2025. Si ces services de streaming payants ont plutôt tendance à « renforcer des positions dominantes », comme l’analyse Thomas Mercier-Bellevue, ils s’ouvrent à de nouveaux publics dans le monde avec des goûts musicaux variés.
Elles permettent l’émergence d’autres genres musicaux tels que la K-Pop ou le reggaeton, comme son nouvel ambassadeur, le chanteur portoricain Bad Bunny. Son dernier album DeBÍ TiRAR MÁS FOToS (DTMF), dont tous les titres sont en espagnol triomphe et trône dans les tops mondiaux de Spotify et Apple de l’été 2026, tout en portant un message politique au-delà de Porto Rico et des États-Unis.
« Aux États-Unis, la présence hispanophone est de plus en plus importante et engagée, ils ont écouté de la musique hispanophone parce qu’il y a une communauté importante avec un fort aspect identitaire, « analyse Cristina Diego Pacheco. Et comme ces musiques ont un succès incroyable là-bas, ça apparaît plus facilement dans les suggestions des plateformes et du coup, ça arrive chez nous aussi. »
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Malgré leur succès, ces plateformes s’adressent « à un public jeune » qui renforce cet effet de « cloisonnement du marché de la musique, à l’image du rap qui peine à toucher les catégories d’âge au-delà de 40 ans et de plus de 50 ans, encore assez hermétiques »< FONTE