Selon l’UNICEF, près de 14 millions d’Afghans sont en situation de malnutrition, sur une population totale de 45 millions de personnes. Cette crise alimentaire est particulièrement alarmante chez les enfants, qui sont souvent les plus touchés.
/2026/08/29/6a925e447226f743248853.jpg)
Rachel Lozano, référente nutrition pour Médecins sans frontières (MSF) Hollande, a déclaré : « C’est rare de voir autant de petits de moins de six mois dans un état grave ». Elle intervient dans le sud de l’Afghanistan, notamment dans les provinces de Kandahar et du Helmand, et souligne que l’UNICEF et le Programme alimentaire mondial alertent régulièrement sur le niveau alarmant de la malnutrition dans le pays. Environ 1 million d’enfants de moins de deux ans souffrent de malnutrition aiguë sévère, un chiffre historiquement élevé.
Parmi les facteurs contribuant à cette situation figurent le réchauffement climatique et la réduction drastique des financements internationaux. Le conflit avec le Pakistan voisin a également eu pour effet de diminuer l’acheminement de l’aide humanitaire. Lozano a constaté « un tiers d’admissions supplémentaires » dans les centres de nutrition thérapeutique, ce qui a contraint les établissements à admettre « deux enfants par lit ».
Elle exprime son indignation face à la mauvaise santé des très jeunes enfants, qui traditionnellement devraient se nourrir principalement de lait maternel. « Cela montre la détresse de la population, des mamans et des femmes enceintes et allaitantes », explique-t-elle. Elle observe également que de nombreuses mères viennent aux consultations avec des biberons remplis d’eau ou de thé, mais sans lait.
« En Afghanistan aujourd’hui, il manque toute la base de la pyramide du traitement. Il n’y a plus d’accès aux centres de santé primaires qui proposaient avant le traitement de la malnutrition aiguë ou modérée. Idem pour les centres ambulatoires, avec toutes les coupes budgétaires. » Rachel Lozano déplore une « situation qui se détériore », affirmant qu’elle se sent « triste et enragée » face à cette crise humanitaire.