
Courtesy of Maison Margiela, WWd/WWD via Getty Images, Stefan Ugljevarevic / Stefan – stock.adobe.com
DÉCRYPTAGE – Le musée américain et Anna Wintour espéraient éviter le scandale en annonçant la rétrospective consacrée au couturier au cœur de l’été. Ils ont dû battre en retraite sous la pression des réseaux sociaux et de leurs donateurs, dans un climat new-yorkais plombé par l’antisémitisme.
C’est l’histoire d’une opération de réhabilitation en partie ratée. Voilà plus de dix ans qu’Anna Wintour use de son influence pour permettre à John Galliano de continuer à exercer son métier. Par amitié mais aussi parce qu’elle considère, comme beaucoup de gens du milieu, qu’il est le dernier artiste de la mode.
Le dernier survivant d’une longue lignée de couturiers, de Saint Laurent à Thierry Mugler et Alexander McQueen, qui ont donné une autre dimension aux défilés, à une époque où les grands groupes étaient moins puissants et les chiffres d’affaires moins extravagants.
Désormais, les enjeux de business ont imposé un cadre à la création, et les directeurs artistiques d’aujourd’hui, même les plus talentueux, n’ont plus la liberté de l’âge d’or de la mode, des années 1980 à 2000.
De la rehab à Margiela
Saint Laurent s’est autodétruit durant des décennies, Mugler a changé d’identité, McQueen s’est suicidé. Galliano a souffert de multiples addictions au vu de tous et a fini par franchir la ligne de la décence un…
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