Publiée le , Rachida Dati, mise en examen pour corruption et trafic d’influence passif, a sollicité, à sa demande, un poste de magistrate. Ce timing suscite des interrogations au sein de la profession.
Une carrière politique entrecoupée par des affaires judiciaires
Figure emblématique de la droite française, Rachida Dati pourrait-elle revenir à son métier d’origine, à quelques jours de son procès pour corruption ? À sa demande, un poste de magistrate lui a été proposé. Le ministère de la Justice a précisé dans un communiqué : « Madame Dati a sollicité sa réintégration comme magistrate, comme elle en a le droit, et sera prochainement affectée dans le cadre de la procédure de transparence classique des magistrats ».
Ancienne maire du 7e arrondissement de Paris et battue aux municipales en mars dernier, elle avait quitté la magistrature il y a 23 ans pour se consacrer à sa carrière politique, notamment aux côtés de Nicolas Sarkozy, dont elle fut garde des Sceaux de 2007 à 2009.
Depuis 2021, Rachida Dati est mise en examen pour corruption et trafic d’influence passif, concernant des faits survenus alors qu’elle siégeait au Parlement européen, pour le compte d’une filiale de Renault. Au sein des magistrats, la question de son retour suscite de vives réactions. Certains craignent des conséquences pour l’image de l’institution. Ludovic Friat, président de l’Union syndicale des magistrats, a écrit : « Ce projet de réintégration à quelques jours d’un procès pénal médiatique concernant l’intéressée envoie un message contradictoire ».
Rachida Dati doit comparaître à partir du 16 septembre devant le tribunal correctionnel de Paris, où elle encourt jusqu’à 10 ans d’emprisonnement et une peine d’inéligibilité de 5 ans.
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