Par Thomas Engrand. Publié le 26/10/2026 à 12h39, mis à jour le 26/10/2026 à 13h21.
Le Parti communiste français (PCF) a confirmé avoir été victime d’un vol de données personnelles concernant ses adhérents et sympathisants. D’autres partis, comme Renaissance et La France insoumise (LFI), auraient également été touchés, bien que ces derniers nient toute intrusion.
L’enjeu de la sécurité informatique est devenu crucial dans le cadre des élections présidentielles. Ce week-end, plusieurs partis politiques ont été ciblés par des cyberattaques, selon le site spécialisé FrenchBreaches. Les partis concernés sont le Parti communiste (PCF), La France insoumise (LFI) et Renaissance. Des données personnelles comprenant des adresses et numéros de téléphone auraient été dérobées. Alors que le PCF a déjà validé cette information, Renaissance et LFI, contactés par Le Figaro, affirment qu’aucune fuite n’a été constatée.
Le PCF a été le premier à subir ces attaques. Vendredi soir, il a annoncé avoir subi une fuite de données de son fichier d’adhérents et de sympathisants, sans préciser le nombre de personnes concernées. Alerté par l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), le parti affirme avoir « immédiatement engagé la sécurisation de ses systèmes, de ses outils informatiques et de ses bases de données ». Une plainte a également été déposée. Un cybercriminel, utilisant le pseudonyme ChimeraZ, a été signalé comme ayant annoncé sur un forum la vente d’une base de données attribuée au site pcf.fr. Cette base contiendrait selon ses dires, 194.641 enregistrements concernant 183.363 personnes, incluant 113.971 numéros de téléphone et 77.076 adresses e-mail, pour un volume de 40 Mo. Le PCF précise qu’à ce stade des investigations, « aucune donnée bancaire n’a été compromise », car ce fichier ne contient ni coordonnées bancaires ni moyens de paiement.
Le même hacker, ChimeraZ, aurait aussi ciblé le parti centriste Renaissance. Il revendique le vol d’environ 4,1 millions de données, comprenant 373.906 adresses, des informations sur des porte-à-porte et des statistiques sur environ 9,6 millions d’électeurs. Selon FrenchBreaches, ces données incluraient des adresses postales, des coordonnées GPS, des noms, des prénoms, des fonctions politiques et des informations sur l’organisation des campagnes électorales. Cependant, « l’authenticité et l’origine exacte des fichiers restent à établir », souligne le site. Renaissance assure de son côté que « les vérifications ne montrent aucune intrusion dans nos systèmes ni dans notre base de données ». Le parti complète en indiquant que « les éléments décrits correspondent à des informations publiques, soit disponibles via l’Insee, soit affichés sur notre plateforme militante. Aucune adresse e-mail, aucun numéro de téléphone ni adresse postale n’y figurent ».
Aucune donnée personnelle de membres de La France insoumise n’a été divulguée
LFI a également démenti avoir subi une cyberattaque. « Ce samedi 24 octobre, La France insoumise a été informée de la circulation d’un ensemble de fichiers présentés comme issus de nos systèmes. Une vérification interne a été menée immédiatement. Contrairement à ce qui est indiqué dans certains messages, aucune donnée personnelle de membres de La France insoumise n’a été divulguée », a déclaré le coordinateur national du parti, Manuel Bompard, sur X. Cette réponse a été suivie d’une mise au point de FrenchBreaches qui avance que ces fichiers contiennent effectivement des données personnelles : 911 adresses e-mail distinctes et 5.016 numéros de téléphone distincts, incluant des coordonnées pouvant joindre des organisateurs locaux. FrenchBreaches a également identifié 12.959 enregistrements de porte-à-porte, rattachés à des noms ou pseudonymes de militants, des secteurs d’activité, des dates, et des campagnes électorales. « Ces informations ne peuvent pas être assimilées à de simples adresses publiques issues de l’Insee », a précisé le site.
Ce n’est pas la première fois que des hackers s’en prennent à des partis politiques. Mi-octobre, par exemple, le site du parti Les Républicains (LR) avait été victime d’une attaque, où un message insolite avait été affiché : « Ceci est un appel à rejoindre les mobilisations du 17 octobre pour révolutionner la France et le monde ». Le parti avait confirmé dans Le Figaro avoir été attaqué, accusant « un hacking d’extrême gauche ».