Entre nostalgie et sécurité financière, les remakes de jeux vidéo cultes s’imposent comme des leviers stratégiques pour les grands éditeurs. Les sorties « The Legend of Zelda : Ocarina of Time » et « World of Warcraft : Forever », jeudi, confirment cette tendance.
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(SIMON WOHLFAHRT / AFP)
Le monde du jeu vidéo regarde de plus en plus dans le rétroviseur. Les éditeurs dépensent des sommes considérables pour produire leurs grandes nouveautés mais, pour compenser, ils tiennent à valoriser leurs licences emblématiques, à la rentabilité déjà éprouvée. Deux grands rendez-vous doivent ainsi réunir les nostalgiques et la nouvelle génération, jeudi 5 novembre : le retour de The Legend of Zelda : Ocarina of Time sur la Nintendo Switch 2, sorti initialement en 1998 sur Nintendo 64, et le lancement de World of Warcraft : Forever chez Blizzard.
Des jeux radicalement différents, mais une même stratégie commerciale : faire revenir les joueurs dans des univers qui ont déjà fait leurs preuves. Derrière cette vague de rééditions se cache une stratégie qui dépasse largement la simple envie de célébrer les classiques. Dans un secteur où les budgets se resserrent et la durée de développement s’allonge, le passé représente une valeur refuge.
La première explication est économique. Aujourd’hui, produire un jeu vidéo AAA, c’est-à-dire à gros budget comparable aux grandes franchises de cinéma, peut coûter plusieurs centaines de millions d’euros et prendre plusieurs années. Dans ces conditions, lancer un tout nouveau jeu représente un pari particulièrement ambitieux, comme l’explique Corentin Benoît-Gonin, journaliste chez Canard PC : « Faire des remakes est moins risqué que de se lancer sur une nouvelle licence, une nouvelle idée qui peut potentiellement mobiliser toute une équipe pendant trois à quatre ans, et finalement ne pas être rentable », raconte-t-il.
A l’inverse, reprendre une franchise connue comme Zelda ou World of Warcraft permet de s’appuyer sur une communauté déjà constituée, une notoriété internationale et des prévisions commerciales plus faciles à établir. Les éditeurs ne partent pas de zéro et disposent d’un univers, de personnages et d’une histoire auxquels les joueurs sont déjà attachés.
Autre avantage : les mécaniques fondamentales ont déjà été testées auprès du public. L’histoire, la progression, les personnages et la structure des niveaux existent. Les développeurs peuvent donc consacrer plus de temps à l’amélioration de l’expérience plutôt qu’à la recherche d’un concept entièrement nouveau.
L’autre moteur de cette tendance tient à l’évolution du public. Les joueurs qui ont découvert les consoles et les franchises des années 1990-2000 ont aujourd’hui grandi. Ils ont souvent un pouvoir d’achat plus important que celui dont ils disposaient pendant leur adolescence et conservent un attachement émotionnel aux jeux qui ont marqué leur jeunesse. « On a par exemple des remakes de jeux Nintendo 64 ou Xbox 360, qui parlent à une population qui aujourd’hui a de l’argent et de la nostalgie : c’est souvent le duo gagnant », déclare Kacey Doran, joueuse interrogée par la BBC, confiant que le premier Ocarina of Time, sorti en 1998, possédait une dimension « magique » qu’elle espère retrouver et partager avec ses neveux
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