Ce mardi 17 février, une forte mobilisation est attendue à Paris, où les enseignants de la région se réunissent pour manifester contre les fermetures de classes et le manque de personnel dans les établissements scolaires.
Les griefs soulevés par les enseignants sont multiples. Ils mettent en avant non seulement les fermetures de classes et les suppressions de postes, mais également le problème des groupes surchargés. Dans ce contexte, ils expriment leur volonté de protester contre ce qu’ils qualifient de « saccage de l’école publique« . La manifestation partira de la Sorbonne à 13 heures, direction le ministère de l’Éducation nationale.
Des chiffres alarmants
L’intersyndicale enseignante appelle également à la grève face aux suppressions de postes qui ont été annoncées fin janvier. Selon les derniers rapports, ce sont 1.891 postes qui devraient être supprimés dans le premier degré (maternelle et primaire) et 1.365 dans les collèges et lycées dans le cadre du projet de loi de finances.
« L’école est un service public fondamental et nous avons le sentiment de ne pas avoir les moyens de faire notre travail correctement. Cela nuit à ceux qui en bénéficient, à savoir les enfants et les parents« , souligne Lorraine Finkl, co-secrétaire départementale du SNES-FSU 94, un syndicat des professeurs des collèges et lycées du Val-de-Marne.
Absences non remplacées et classes surchargées
Un autre point de tension pour les enseignants réside dans les absences non remplacées des professeurs. Lorraine Finkl rapporte : « Dans le Val-de-Marne comme dans d’autres départements, il arrive que des professeurs ne soient pas remplacés pendant plusieurs mois« .
Les classes surchargées sont également une source d’inquiétude. « Nous nous retrouvons avec de plus en plus de classes aux alentours de 30 voire 35 élèves au collège ou au lycée. C’est une réalité intenable pour les professeurs qui n’ont pas le temps de s’occuper de chacun de manière à ce que tout le monde progresse de la même façon« , proteste-t-elle. De plus, ces surcharges créent des déséquilibres dans les apprentissages des élèves. « Dans certaines matières comme la physique-chimie, il y a des classes où, faute de paillasses suffisantes, tous les élèves ne pourront pas tenter les mêmes expériences que les autres« , détaille la syndicaliste.
Une situation persistante
Les syndicats mettent également en lumière les choix budgétaires effectués dans les académies de Paris, Créteil et Versailles. « Quel que soit l’évolution de la démographie scolaire, le choix qui est fait est toujours celui de la pénurie. Ici, on profite de la baisse des effectifs pour supprimer des postes ; là, quand pourtant les effectifs augmentent, les moyens sont insuffisants pour accompagner la hausse« , écrivent-ils dans leur appel à la mobilisation.
Appel à la mobilisation
Les syndicats s’opposent également aux dotations horaires globales (DHG), qui déterminent le nombre d’heures allouées pour chaque établissement et matière. Ils considèrent que ces dotations sont inadaptées au nombre réel d’élèves. Ainsi, ils soulignent qu’un département comme la Seine-Saint-Denis accueillera à la rentrée prochaine 550 élèves supplémentaires, nécessitant plus de 600 heures ou plus de 35 équivalents temps plein, tandis que seulement 9 heures ont été proposées par la Direction des Services Départementaux de l’Éducation Nationale.
Les parents d’élèves soutiennent également les enseignants dans cette mobilisation. La FCPE 93 dénonce le manque d’AESH, les assistants pour les élèves en situation de handicap. « On en manque cruellement surtout en maternelle où leur présence est primordiale pour l’épanouissement de l’élève dans le groupe classe. À cause de cela, certains enfants ne viennent en classe qu’une heure car le reste du temps, ils ne peuvent pas être pris en charge« , note Isabelle Lacroix, co-présidente de la FCPE 93. Les parents alertent également sur le manque d’infirmières scolaires, de psychologues et d’assistants d’éducation, appelés AED, qui contribuent à créer un climat scolaire sécurisé.
Concernant la pénurie d’AESH, « 1.700 postes sont annoncés au niveau national alors qu’il en faudrait 3.000 rien que pour le département du Val-de-Marne« , évoque Lorraine Finkl. En Seine-Saint-Denis, le besoin est tout aussi pressant, avec seulement 9 équivalents temps plein proposés, alors qu’il en faudrait plus de 35.
Les syndicats demandent, par conséquent, à être reçus par le ministre de l’Éducation nationale afin de faire valoir leurs revendications.